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Par France Hatron Le géant égoïste

A partir de 12 ans

Sortie : Le 18 décembre 2013

Durée : 1h31

Un film anglais

Genre : Drame

Réalisation et scénario :

Clio Barnard

Distribution :

Conner Chapman, Shaun Thomas, Sean Gilder, Siobhan Finneran, Steve Evets, Rebecca Manley…

 

Arbor et Swifty sont deux ados inséparables de 13 ans. Vu ses crises de colère et sa nervosité, on peut qualifier Arbor d’enfant hyper actif qui semble dépendre de ses médicaments. Les deux copains habitent le quartier populaire de Bradford au Nord du Royaume Uni. Mêlés à une dispute magistrale dans la cour de leur lycée, ils sont tous deux renvoyés définitivement. Arbor s’en réjouit car l’école, ce n’était pas son truc. Swifty, lui, paraît plus affecté par la situation, d’autant que sa mère digère mal la nouvelle ! Dans cette petite bourgade sinistre, désindustrialisée et sans avenir, que faire de ses journées pour tuer le temps à part gagner de quoi payer les factures impayées de ses parents ? Arbor et Swifty commencent à voler des objets sans valeur pour les revendre. Un jour, ils croisent la route de Kitten, le Géant Egoïste qui les empêche de jouer dans son jardin. Kitten est un ferrailleur établi près de chez eux. Il organise aussi des courses de chevaux clandestines sur routes. Alors que les gamins commencent à récupérer des métaux usagés pour son compte, Kitten remarque très vite l’affection que porte Swifty à ses chevaux. Il le trouve en plus particulièrement doué pour les diriger. Arbor qui a une sensibilité à fleur de peau et un immense besoin d’être aimé ne supporte pas les préférences de Kitten pour son ami. Il va donc se surpasser pour rapporter toujours plus de métaux, jusqu’à mettre sa vie en danger.

Le Géant Egoïste 1Pour son premier long métrage de fiction, la réalisatrice Clio Barnard a choisi d’adapter librement le conte d’Oscar Wilde qui a donné son nom au film Le Géant Egoïste. Elle s’est inspirée de son enfance et de son adolescence passées près de Bradfort. Alors témoin du rejet de certains enfants au sein même de leur communauté défavorisée et marginalisée, elle s’ est aussi aperçu que si la majorité des chantiers de ferraille étaient régis selon des règles bien précises censées réduire les vols de métaux, certains chantiers plus modestes étaient corrompus par leurs propriétaires vénaux sans scrupules. Ses plans fixes qui s’éternisent sur les poteaux électriques, posés là en pleine campagne, dévoilent des apparences tranquilles qui occultent la douleur et la haine des habitants, pour beaucoup victimes du chômage et du système « D ». A Bradford, pas de journée sans violence physique ni verbale. Pas d’amour non plus.

L’aspect documentaire de ce film, son côté sombre et sa manière d’appréhender les personnages avec une empathie réservée le rapprochent des oeuvres de Ken Loach. La petite touche en plus ? Les cultures marginales, sujet cher à Clio Barnard. Le Geant Egoïste 2

Ses deux ados en danger percent l’écran. Armés de courage et d’obstination, ils laissent croire qu’à cet âge là, la part d’innocence et d’insouciance tiennent suffisamment de place pour pouvoir avancer sans peurs. Jusqu’à ce que la mort surprenne. Et là, survivre n’a plus de sens… Ce film nous prend aux tripes et nous bouleverse en douceur et en profondeur, sur fond de bruit de métal et de galop endiablé.

Le Géant Egoïste a été sélectionné à La Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2013 où il a remporté le Prix Europa Cinémas.

 

 

Par France Hatron Affiche du film A Touch of sin

Age : A partir de 13 ans

Sortie : Le 11 décembre 2013

Durée : 2h10

Un film chinois japonais

Genre : Drame

Réalisation :

Jia Zhang-Ke

Distribution : Wu Jiang, Wang Baoqiang, Zhao Tao, Luo Lanshan, Jiayi Zhang, Meng Li…

Quatre personnages évoluent dans quatre provinces de la Chine contemporaine où l’on parle des dialectes différents.  Leurs destins ne se croisent pas mais leur histoire a ce point commun de dévoiler une Chine en pleine mutation, qui souffre d’un développement économique galopant et de mouvements de migration interne colossaux, laissant pour compte, sur le bord de la route, des citoyens désespérés, en soif de justice et d’égalité. Leur arme fatale pour survivre ? La violence… Ces histoires sordides sont inspirées de faits divers chinois qui décryptent quatre mécaniques de la violence pouvant pousser à bout : la pression sociale, le déni de soi, la perte de contrôle soudaine, le désir de mourir.

A touch of sinDahai, un mineur exaspéré par la corruption des dirigeants de son village et le silence de leurs acolytes complices, décide de se faire justice lui-même. San’er, un travailleur migrant, découvre les « vertus » de son arme à feu qu’il actionne à tout va comme un jouet. Xiao Yu, elle, est hôtesse d’accueil dans un sauna. Harcelée sexuellement par un client aisé, elle commet l’irréparable. Quant à  Xiao Hui, il accepte des postes dégradants et subit des humiliations à répétition. La plus terrible sera certainement celle de sa mère, vivant à ses crochets, qui lui reproche de ne pas lui donner assez d’argent ! Pauvre enfant…

Quelle noirceur dans ces quatre tableaux de la Chine d’aujourd’hui d’où se dégage toute la rage de la frustration et du désespoir de la nouvelle génération qui doit se construire dans une culture contre identitaire.  La violence, souvent gratuite, est le personnage principal de ce film porté par des acteurs sensationnels, pour beaucoup d’entre eux non professionnels.

A touch of sin

A touch of sin offre une mise en scène et une réalisation inventives sans failles. La révolte se ressent non seulement dans les personnages mais aussi dans leur environnement : les paysages de montagne comme ceux de la ville moderne dégagent l’austérité, la pauvreté, la peur et la folie. Rien à redire sur la description du climat ambiant dans lequel les chinois ont du mal à s’imaginer un avenir. Un bémol « osé » cependant quant au scénario, puisque le film a reçu, cette année, à Cannes, l’honorable Prix du scénario ! Dommage qu’une trame commune ne vienne lier les quatre opus de cette oeuvre forte avec une dramaturgie ou un épilogue communs. On s’attache aux personnages quand ils vont quitter l’écran. On les cherche dans l’histoire suivante alors qu’ils ont bel et bien disparu. On rentre dans la vie de leurs successeurs avant de devoir s’en défaire aussi, trop vite. Mais l’exercice permettrait-il de mieux saisir le mal être de bien des chinois, la nécessité qu’ils ont de devoir changer sans cesse de travail, de village, leur désir de vengeance, leur soif d’argent. Ils ont reçu en héritage la notion de collectivisme tout comme le manque de conscience individuelle. Il leur faut ensuite composer avec ça. Pas facile de donner du sens au futur quand on a l’âme en peine, meurtrie par un passé sale. En témoignent ces héros de la violence.

 

 

 

Affiche du film

Par Olivier Pélisson

 

 

 

 

 

 

 

 

Sortie :

27 novembre 2013

Durée : 1h43

Un film français

Genre : Documentaire

 

Réalisation : Olivier Peyon

Scénario : Olivier Peyon et Amandine Escoffier

Distribution : Cédric Villani, François Sauvageot, Anne Siety, Jean Dhombres, Jean-Pierre Bourguignon, Jim Simons, Eitan Grispun, Robert Bryant, George Papanicolaou…

 

Consacrer un documentaire aux mathématiques, il fallait y penser. D’autant plus lorsqu’on n’est ni un pro, ni une éminence. C’est le cas d’Olivier Peyon, réalisateur remarqué dans le portrait fictionnel (Les Petites vacances) et documentaire (Elisabeth Badinter, à contre-courant ; Michel Onfray, philosophe citoyen).

Pour Comment j’ai détesté les maths, il mélange les visages et les paroles, et compose un puzzle impressionniste. Avec une galerie d’initiés et de professionnels de cette discipline millénaire. Une science, une pensée, et même un regard sur le monde. Car ce que nous montre ce film pendant une heure quarante, c’est que les maths naissent avant tout du désir des hommes et agissent sur leur existence concrète. Tout le monde s’en sert chaque jour, ou a recours à un système ou une technologie élaborée sur des données mathématiques. Rien à voir avec les épineux problèmes sur lesquels des tripotées d’élèves ont buté et se sont arraché les cheveux, pour se dire plus tard « ça ne sert à rien ! ».

Comment j'ai détesté les mathsPlus encore, les maths ont fini par diriger le monde. Notre planète, régie par les marchés financiers et la mondialisation, dépend des agissements de quelques uns, dont l’impact économique sévit en métronome universel. Effrayant, comme en témoigne la seconde partie du documentaire, sur les pas notamment d’un apparent bienfaiteur millionnaire américain (Jim Simons), dont les formules savantes se sont transformées en roulette russe pour les banques et traders.

Cette mécanique programmée est heureusement contrebalancée par des trublions humanistes, chercheurs, enseignants, qui mettent en doute en permanence les assertions et traquent l’indéchiffré, le terrain vierge, la faille, l’espoir de la découverte. A commencer par notre champion national Cédric Villani, dont l’excentricité atemporelle révèle avant tout la quête d’un homme curieux et joueur avec son art. Beaucoup manient l’humour et insufflent de l’énergie oxygénée à l’exercice de la pensée. Tel le jovial prof nantais François Sauvageot accompagnant ses élèves au bord de l’Atlantique. Comment j'ai détesté les maths 3

Dans le même esprit, Olivier Peyon use savamment de la grammaire cinématographique et formelle pour dynamiser son film. Format scope, montage cut et fluide, bande-son jazzy. La caméra explore les visages, les regards, les gestes, les grains de peau de tous ses intervenants qui dépassent finalement le cliché du « matheux » pour révéler leur vérité. Celles d’hommes et de femmes qui observent le monde et le questionnent, tout en se mettant en danger. Comme ce professeur grec émigré aux Etats-Unis (George Papanicolaou), dont l’émotion lié à la situation dans son pays déborde soudainement le cadre de l’interview.

Comment j'ai détesté les maths 2

Le cinéaste ouvre aussi la pensée, par essence intérieure, aux espaces géographiques. Il traverse les frontières et les océans (France, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Inde), filme la forêt, la plage, la rue fourmillante. La réalité quotidienne et palpable nourrit la réflexion et le témoignage dans un même élan de transmission.

Ces confessions d’enfants du siècle forment une porte d’entrée idéale au quidam pour se re-familiariser avec le questionnement mathématique resté enfoui. Et pour se confronter soi-même à son rapport au monde et à sa capacité à l’insurrection bienfaitrice. Comme quoi, la détestation a parfois du bon !

Institut français

Paris, le 8 octobre 2013

Photo Patrice CherreauC’est avec une profonde tristesse que j’ai appris hier soir la disparition de Patrice Chéreau, l’un de nos plus emblématiques créateurs et ambassadeurs de la culture française.

Sa personnalité à la fois généreuse et secrète et son immense talent l’ont conduit aujourd’hui à une reconnaissance internationale.
Récemment encore, ses mises en scène de I Am the Wind de Jon Fosse et La douleur de Marguerite Duras, tout comme le cycle de lectures de grands textes qu’il avait lancé en 2004 ont séduit les publics de New-York, Berlin, Buenos Aires, Tokyo, Hanoï…
Je suis encore sous l’émotion de sa mise en scène d’Elektra, l’été dernier à Aix-en-Provence.

Aujourd’hui, je salue, en mon nom et au nom de l’Institut français, la mémoire d’un homme exigeant et engagé, d’un créateur unique dont la générosité et la puissance artistique vont manquer cruellement.

Xavier Darcos

9ème EDITION

Pendant cinq jours, le Cinéma La clé met le Brésil à l’honneur, en posant un regard différent et unique sur son cinéma documentaire,  son actualité sociale, économique, politique, culturelle et sportive. A l’issue de la projection de documentaires inédits, des débats et des rencontres attendent le public autour de sept thèmes incontournables : Le travail domestique, Les femmes en Résistances, La santé et l’exclusion sociale, La santé et ses modes de vie en question, la Dictature et la Résistance, le Football : la coupe est-elle pleine ?, la Musique en action.

C’est l’Association AUTRES BRESILS qui est à l’origine de ce festival visant à décrypter certains des enjeux de société majeurs inhérents non seulement au Brésil mais aussi à la France et au monde entier. Pour cela, AUTRES BRESILS a mis en place des outils d’information et d’échanges : des projections-débats en France (Brésil en Mouvements) et au Brésil (Social en Mouvements) ; des ateliers de réalisation audiovisuelle ; un centre de ressources multimédia (site Internet d’information sur le Brésil gratuit et unique en français, médiathèque de plusieurs centaines de films documentaires, expositions itinérantes).

 

LA PROGRAMMATION

MERCREDI 9 OCTOBRE

SOIREE D’OUVERTURE / TRAVAIL DOMESTIQUE
19h00 : Pot d’ouverture
20h00
Doméstica de Gabriel Mascaro
Brésil | 2012 | 76’ | VOSTF
Sept adolescents ont accepté de filmer durant une semaine leur employé(e) de maison.
Entre intimité dérangeante, rapport d’autorité et tâches quotidiennes, le film propose un
regard contemporain sur le travail domestique et se transforme en un véritable essai sur le
rapport entre affects et travail.
Débat :
Travail domestique : quels statuts, quels rôles et quels droits pour les employé(e)s de
maison ? Discussion à partir de l’exemple brésilien.
Intervenants :
Pedro Barbosa Mendes, membre du réseau universitaire Nômade, chercheur au
laboratoire « Territoire et Communication » de l’Université Fédérale de Rio de
Janeiro.
Annie Pourre, Réseau No-Vox
Modérateur : Ivan du Roy, Bastamag

JEUDI 10 OCTOBRE

FEMMES EN RESISTANCES
20h00
Film 1 : Silêncio das inocentes de Ique Gazzola / Naura Schneider
Brésil | 2010 | 52’| VOSTF
La loi n°11.340/2006 ou « loi Maria da Penha » est considérée comme l’une des trois lois
les plus complètes au monde sur les violences domestiques. A travers de nombreux
témoignages de victimes et spécialistes, Silêncio das inocentes nous éclaire sur la
spécificité de cette loi et son application au Brésil.

Film 2 : Virou o jogo : a história de Pintadas de Marcelo Villanova
Lopes Lapa
Brésil | 2012 | 26’| VOSTF
L’histoire de femmes qui ont réussi à remettre en question le machisme grâce à de
nouvelles formes d’organisation à Pintadas, dans la région de Bahia. Introduisant ainsi un
nouveau regard sur les relations hommes/femmes tout en jouant au football.
Rencontre
Intervenantes :
Naura Schneider, réalisatrice de Silêncio das Inocentes
Hélène Tanné, sociologue, formatrice sur les questions de genre, d’égalité et de
violences contre les femmes (Association SOS Femmes 93)
Muriel Naessens, militante et animatrice au Planning Familial, qui participe au
développement du théâtre de l’opprimé sur les questions de violences sexistes et
d’égalité entre les hommes et les femmes (association Féminisme Enjeux).

VENDREDI 11 OCTOBRE

SANTÉ ET EXCLUSION SOCIALE
18h00
Film 1: A cidade de Liliana Sulzbach
Brésil | 2012 | 25’| VOSTF
Itapúa – une communauté de personnes aux habitudes singulières. Ce lieu regroupait
autrefois 1454 personnes. Il ne compte plus aujourd’hui que 35 habitants. Personne
n’aime se rappeler ce qu’Itapúa était dans le passé, même si beaucoup en ont gardé des
traces. En parcourant ce lieu, A Cidade révèle l’existence d’un monde organisé à partir
d’un acte d’une extrême brutalité.
Film 2 : Os melhores anos de nossas vidas de Andrea Pasquini
Brésil | 2003 | 65’| VOSTF
A travers les témoignages de plusieurs malades ayant vécu des années dans une
léproserie, la réalisatrice montre avec poésie et sensibilité les conditions auxquelles ils
étaient soumis ainsi que les moments de vie partagés et les différentes dimensions de leur
quotidien pendant ces années à l’hôpital.
SANTÉ : MODES DE VIE EN QUESTION
20h00
Muito além do peso de Estela Renner
Brésil | 2012 | 84’ | VOSTF
Du Brésil au Koweit, les taux d’obésité infantile sont anormalement élevés. Pourquoi les
enfants sont-ils en surpoids aujourd’hui ? L’industrie, les publicitaires, les instances
publiques : qui est responsable de cette question de santé publique? Le film Muito além
do peso tente de répondre à ces questions.
Débat:
Que nous disent les problématiques de santé publique ?

SAMEDI 12 OCTOBRE

REVOLUTION A DOMICILE
16h00
Film 1 : Disque Quilombola de David Reeks
Brésil | 2012 | 13’ | VOSTF
Des enfants de l’État de « Espirito Santo » dialoguent sur la vie dans une communauté
quilombola depuis un bidonville de la ville de Vitoria. À travers un simple jeu d’enfants, les
deux groupes s’expriment sur leurs racines et comprennent que chacun d’entre eux a
plus de points communs que de différences avec les autres.
Film 2 : Doméstica de Gabriel Mascaro (reprise)
Rencontre avec
Dominique Vidal, professeur de sociologie à l’université Paris Diderot, auteur du livre
« Les bonnes de Rio. Emploi domestique et société démocratique au Brésil » – Presses
universitaires du Septentrion.
DICTATURE ET RÉSISTANCES
18h00
Marighella de Isa Grinspum Ferraz
Brésil | 2011 | 90’ | VOSTF
Bahianais, auteur, poète, érudit de la Bible et du grec, amoureux de la samba, de la plage
et du football, féministe avant l’heure, séduisant, charismatique, interlocuteur de
Kubitschek et de Che Guevara…Qui était donc cet homme dont il a été interdit de
prononcer le nom pendant des décennies au Brésil ?
20h00
Film 1 : Em nome da segurança nacional de Renato Tapajós
Brésil | 1984 | 45’ | VOSTF
Ce documentaire évoque le procès du tribunal de Tiradentes, organisé par la Commission
Justice et Paix de l’Archidiocèse de São Paulo en 1983. Il alterne entre scènes de la cour
de justice et sources documentaires pour discuter de la doctrine de la «sécurité
nationale», axe idéologique majeur de la dictature initiée par le coup d’État de 1964.
Film 2 : O fim do esquecimento de Renato Tapajós
Brésil | 2012 | 52’ | VOSTF
« La fin de l’oubli » donne la parole à des protagonistes du tribunal de Tiradentes et à des
acteurs engagés dans la lutte pour les droits de l’homme pour aborder, trente ans après,
la question de la doctrine de la « sécurité nationale ». Le film étudie ce qu’il en reste et ses
impacts sur la société brésilienne aujourd’hui.
Débat : Dictature militaire, droit à la vérité et à la mémoire : quels impacts sur la société
brésilienne aujourd’hui ?
Intervenants :
Hidalgo Romero, producteur de Em nome da segurança national e O fim do
esquecimento
Glauber Sezerino, sociologue, doctorant au Centre de Sociologie Européenne /
EHESS

Marilza de Melo Foucher, journaliste, docteure en économie.
Modération : Erika Campelo, Autres Brésils

22h30 – Caïpi musicale avec Francis Poulet
Franco-brésilien perdu entre Lyon et Porto Alegre, citoyen du monde et chanteur à la
guitare éclectique, Francis entonnera un répertoire varié de musique brésilienne…Plus
d’infos : http://francisbrasilis.blogspot.fr/2009/04/francis-brasilis-lalbum_7033.html

DIMANCHE 13 OCTOBRE

FOOTBALL : LA COUPE EST PLEINE ?
16h00
Film 1 : O pai do gol de Luiz Ferraz
Brésil | 2013 | 17’| VOSTF
Le réalisateur accompagne José Silvério, animateur radio, « père du but », dans sa cabine
de transmission, montrant à travers ce portrait la relation singulière de la société
brésilienne au football.
Film 2 : Virou o jogo : a historia de Pintadas de Marcelo Villanova
Lopes Lapa
Brésil | 2012 | 26’| VOSTF
L’histoire de femmes qui ont réussi à remettre en question le machisme grâce à de
nouvelles formes d’organisation à Pintadas, dans la région de Bahia. Introduisant ainsi un
nouveau regard sur les relations hommes/femmes tout en jouant au football.
Film 3 : Vila das Torres de William Duarte, Marta Pego, Lúcia Pego et
Bruno Mancuso
Brésil | 2010 | 15’| VOSTF
Le point de vue de certains habitants de «Vila das Torres», favela du centre de Curitiba,
face au méga-événement de la Coupe du monde prévu pour 2014. Quel en sera le
bénéfice pour la communauté ? Comment la favela sera-t-elle perçue par les touristes ?
Comment peuvent s’organiser les habitants pour faire partie du jeu ?
Film 4 : Jogos de poder de Susanna Lira
Brésil | 2013 | 25’| VOSTF
Comment la ville de Rio de Janeiro se prépare-t-elle à accueillir la Coupe du Monde et les
Jeux Olympiques ? Les investissements sont énormes mais rarement négociés avec les
représentants sociaux impliqués dans la restructuration de la ville. Jogos de poder aborde
la question du droit à la ville et de la lutte entre gouvernants et résidents.
17h30
Débat :
Football et Coupe du monde 2014 : paradoxes et enjeux pour une société
brésilienne en (re)construction.
Intervenants :
− Pedro Barbosa Mendes, membre du réseau universitaire Nômade, chercheur au
laboratoire « Territoire et Communication » de l’Université Fédérale de Rio de
Janeiro – très impliqué dans les mobilisations sociales.
− Patrick Vassort, maître de conférences à l’Université de Caen, directeur de
publication dans la revue Illusio.
− Un(e) représentant(e) d’Amnesty International
Modérateur : David Eloy, Altermondes

DIMANCHE 13 OCTOBRE

CLÔTURE / MUSIQUE EN ACTION
20h00
Noitada de Samba, Foco de Resistência de Cely Leal
Brésil| 2010 | 75′ | VOSTFR
1971: le Brésil est en pleine dictature militaire. A Rio de Janeiro, les compositeurs et les
musiciens de la périphérie jouent pour la première fois dans la Zona Sul, tous les lundis,
au 143 de la rue Siqueira Campos qui devient un feu de résistance de la musique
populaire brésilienne.

21h30 : CONCERT
Filosofia do Samba – Dudu d’Aquarela / « Voyages en MPB »
Composé à l’origine en 2003, par quelques musiciens de l’École de samba Aquarela,
FILOSOFIA DO SAMBA anime des rodas de samba, rencontres musicales ouvertes,
avec un répertoire varié, des trésors de la Musique Populaire Brésilienne, de Noel Rosa,
Vinicius, Caymmi, Adoniran Barbosa, Chico Buarque, Paulinho da Viola à Bezerra da Silva
et Zéca Pagodinho.
FILOSOFIA DO SAMBA vous embarque dans un grand voyage musical. Détachez vos
ceintures et bon voyage !

Pot de CLÔTURE

LES INVITES

- Pedro Barbosa Mendes, membre du réseau universitaire Nômade, chercheur au
laboratoire «Territoire et Communication» de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.
Militant impliqué dans les manifestations de juin 2013 au Brésil. (à Paris du 4 au 14
octobre)
- Naura Schneider, réalisatrice-conceptrice du projet de « Silencio das Inocentes » (du 8 au
14 octobre)
- Hidalgo Romero, producteur des films de Renato Tapajos : « Em nome da segurança
nacional » e « O fim do esquecimento » (Vit actuellement à Paris)

LE LIEU ET LES TARIFS

Cinéma La Clef
34 rue Daubenton – 75005 Paris – Métro Censier Daubenton (ligne 7)
Bus 47, arrêt « Censier Daubenton » – RER C, arrêt « Paris-Austerlitz »
www.cinemalaclef.fr – 09 53 48 30 54
6 € tarif plein / 5€ tarif réduit / 4€ adhérents
Pass 4 séances : 18€ / 15€ / 12€
Pass complet : 35€ / 30€ / 25€
Réservation conseillée : reservation@cinemalaclef.fr
Tout au long du festival, un bar accueillera les festivaliers.

Pour contacter ou soutenir Autres Brésils :

bresils@autresbresils.net -
www.autresbresils.net
21 ter rue Voltaire, 75011 Paris – Tel : 01 40 09 15 81

Par Olivier Pélisson Affiche du film

 

Age : à partir de 12 ans

Sortie : 18 septembre 2013

Durée : 1h53

Un film français

Genre :

Road-movie existenciel

Réalisation : 

Emmanuelle Bercot 

Distribution :

Catherine Deneuve, Nemo Schiffman, Gérard Garouste, Camille…

Catherine Deneuve

Elle prend l’air au bord de l’océan. Elle marche dans le sable. On entend ses pas. De dos, ses cheveux renvoient la lumière du soleil. Elle, c’est Bettie, la soixantaine, veuve, une mère, une fille et un petit-fils qu’elle voit peu, et un amant marié. A la mort de son mari étouffé avec un os de poulet, elle s’est retrouvée seule avec maman à la tête de l’auberge familiale, une bonne table bretonne.

Comme une petite fille, elle a peur du noir. Comme une petite fille, elle vit avec sa mère et traverse sa chambre pour aller à la salle de bain. Comme une petite fille, elle se remet à fumer en cachette. Comme une petite fille, elle raconte des histoires et s’invente une mère en maison de retraite dans la Sarthe. Comme une jeune fille, « elle est bonne à marier ». Comme une grande, elle souffre d’apprendre que son amant s’est barré avec une jeune « pétasse » enceinte. Comme une grande, elle va prendre la tangente. Faire une fugue. Comme ça, sur un coup de tête, alors qu’elle quitte ses cuisines en plein feu sur un « Je reviens ». Elle a besoin d’un paquet de clopes, c’est dimanche et tout est fermé. Commence alors un voyage inédit, avec son break Mercedes, de Bretagne à Annecy, de Concarneau à Blagnac, de Château-Gontier à une bourgade de l’Ain.

Bettie avance. Elle dépasse ses peurs. Elle s’autorise enfin à partir pour l’aventure. A vivre au présent ce qui se présente à elle. Et ce qu’elle veut bien laisser venir. Alors elle roule et avale les kilomètres. Une drôle de dame avec son Charly de petit-fils. Elle croise des vaches, des footballeurs, des copines de dancing, des Miss 1969, des lapins en fuite, des tarés dans une cafét’, un vigile et son clébard, jusqu’à un jeune grand-père en campagne.

elle s'en va

Physique, énergique, sensorielle, sensuelle, elle profite de la vie. Elle sirote un « digeo », sniffe le parfum du tabac, mâchouille un brin d’herbe, course son petit-fils, tombe dans les vapes, file une gifle à Charly, se prend une cuite à la « caïpi », enfile une perruque fluo, dort en tee-shirt « Pas touche » et finit au lit avec un jeunot qui la traite de « gourmande ».

Bettie, c’est Catherine Deneuve. Plus de cent films au compteur, 50 ans au top depuis Les Parapluies de Cherbourg, les plus grands cinéastes et partenaires en stock, et toujours autant d’appétit cinématographique. Aventureuse, cette actrice au parcours unique le reste. De Drôle d’endroit pour une rencontre de François Dupeyron au Vent de la nuit de Philippe Garrel, de Généalogies d’un crime de Raoul Ruiz à Dancer in the Dark de Lars Von Trier, de Je veux voir de Joana Hadjithomas & Khalil Joreige à Potiche de François Ozon, elle joue avec grâce et audace la fêlure, la rupture, le silence, le loufoque, l’imprévu, l’inconnu. Une interprète libre. C’est ce qu’elle est devenue à force d’ouverture et de curiosité.

Pour la filmer, Emmanuelle Bercot a franchi le cap de la jeunesse dont elle saisit l’aplomb et les tâtonnements depuis ses débuts (Les Vacances, La Puce, Clément, Backstage). « J’ai vraiment écrit Elle s’en va pour elle, et Catherine a été mon monteur absolu tout au long de l’aventure de ce film ». Elle suit Deneuve comme son ombre, tels les Dardenne avec Emilie Dequenne (Rosetta) ou Olivier Gourmet (Le Fils). De face, de trois quarts, de dos, en plan large, en gros plan, son héroïne habite toutes les scènes et donne son pouls au film. Et la cinéaste assiste son actrice dans ce road-movie lumineux.

Catherine Deneuve

Rares sont les films qui font autant corps avec leur interprète. Emmanuelle Bercot tisse avec finesse une toile où son personnage se déplace dans la géographie d’un pays, tout en bousculant les cases de son paysage intérieur. Un pari casse-gueule de film éclaté mais tenu par un fil rouge : l’avancée de Betty. Les nombreuses pauses font surgir des moments flirtant avec le documentaire, comme lorsque l’héroïne en manque de tabac se fait rouler une cigarette par un vieux paysan aux mains gonflées. Une maison de village, une cuisine, une toile cirée, le temps arrêté et une parenthèse presque irréelle où Deneuve s’assoupit en attente de sa clope…

 

Réalisme brut et douce rêverie, drôlerie décapante et éclats bouleversants, le film en est farci. Un voyage passionnant au pays du cinéma, de sa mémoire, de sa vitalité et de ses pouvoirs évocateurs. Qui se finit sur le rire, le plaisir et sur la vie qui jaillit.

Par France Hatron

Sortie : 17 juillet 2013

Durée : 1h55

Genre : Thriller dramatique

Réalisation : Sean Ellis

Interprétation : Jake Macapagal, Althea Vega, John Arcilla…

Il ne fait pas bon vivre au bord des rizières, dans les montagnes du nord des Philippines. La vue panoramique est paradisiaque mais les récoltes de riz ne permettent plus à Oscar Ramirez et à sa famille de survivre. Cap sur Manille, rêve américain en tête, pour tenter de trouver du travail. Oscar se rend dès son arrivée dans une agence pour l’emploi où il est intercepté par un intermédiaire qui lui propose un logement sur le champ. C’est louche ! Le père de famille se déleste de toutes ses économies pour occuper un trou à rats. Mais la police locale se charge dans la foulée d’expulser les Ramirez pour les remplacer par une autre famille au motif qu’il s’agit d’un logement d’état ! La famille désespérée rejoint les bidonvilles. Il y a vraiment urgence à trouver un job car la fillette d’Oscar a une rage de dent. Oscar commence un emploi de manutentionnaire. En guise de salaire, il se verra offrir des sandwichs dans un sac en plastique. Ses illusions s’envolent.

 

metro manila mère 2De son côté, Mai se présente à un entretien dans un bar. Bien qu’enceinte avec deux enfants à charge, comme elle est très belle et pourvue d’une poitrine opulente, on se doute bien que Charlie la tenancière ne lui propose pas de faire le ménage ! Elle lui gardera même ses enfants pendant ses heures de travail ! Quand on aime, on ne compte pas : Charlie ira jusqu’à lui demander de lancer sa fille de 9 ans dans la profession !

Manille, cité impitoyable… adage démontré à chaque plan à la manière d’un documentaire qui veut raconter sans racoler ni émouvoir. Nous sommes aussi naïfs qu’Oscar pour le croire enfin tiré d’affaires lorsqu’il se voit proposer un poste de convoyeur de fonds dans la banlieue la plus dangereuse de la capitale. Pris dans l’engrenage de la violence, il ne peut plus reculer. C’était un homme droit, loyal, pacifique et aimant mais la réalité macabre de la pauvreté et de la corruption l’ont rattrapé et mis au pli, tout comme sa femme. Triste réalité : le déterminisme social officie en douce, rongeant les philippins sur des générations.

metro manila enfant

On a compris les intentions de l’auteur, louables : partir d’un cas particulier pour pointer du doigt la misère et la corruption dans un pays surpeuplé où l’on ne peut survivre qu’en édifiant sa propre loi, en devenant méchant quand on est né gentil. Mais le scénario décousu n’est pas à la hauteur des intentions, ni de la réalisation, ni de l’interprétation. Sean Ellis semble avoir imaginé plusieurs scénarios indépendants qu’il a associés sans vraiment les lier. Le montage saccadé n’a pas aidé à fluidifier le déroulé du scénario. De même, la psychologie du personnage de Mai n’est pas développée et la trame de sa triste histoire avance à petits pas sans trouver sa place aux côtés de l’intrigue principale des convoyeurs de fond.

metro manila pèrePourtant, grâce à quelques artifices efficaces, Sean Ellis sait faire monter l’intensité dramatique pour redonner du souffle à son scénario qui parfois s’épuise. Certaines scènes du prologue surprennent et déroutent même par leur originalité qui tient beaucoup plus de la mise en scène et de l’image travaillée avec brio que des rebondissements souvent attendus. Les comédiens, bien dirigés et inspirés par le contexte social ambiant – puisque ce sont des acteurs locaux – donnent le meilleur d’eux-même. Leurs dialogues eurent mérité plus de recherche et de profondeur. Dommage car on a forcément des choses à dire quand on sait qu’une vie entière ne suffira pas pour gagner sa liberté.

 

MONDE

Après avoir dévoilé sa 52e sélection à Cannes puis en avant-première à Paris à la Cinémathèque française, la Semaine de la Critique s’exporte à travers le monde. Les sélections de ces 3 dernières années vont voyager à travers 10 pays afin de promouvoir les talents découverts à Cannes auprès de publics internationaux et de favoriser leur distribution à travers le monde.

LIBAN : Cinéma Metropolis avec l’Institut Français de Beyrouth – juillet 2013

PÉROU : Festival de Cine de Lima – août 2013

BOSNIE-HERZÉGOVINE : Festival du Film de Sarajevo – août 2013

BRÉSIL : São Paulo International Short Film Festival – août 2013

RÉPUBLIQUE TCHÈQUE : Czech Cinematheque à Prague – septembre 2013

MEXIQUE : Morelia International Film Festival – octobre 2013

BRÉSIL : MIS (Museu da Imagem e do Som de São Paulo) pendant la Mostra Internacional de Cinema de São Paulo – octobre 2013

CORÉE DU SUD : Indiespace, organisé par Mirovision en partenariat avec la Civil Association for Supporting Korean Independent Cinema, à Séoul – automne 2013

OMAN : Institut Français, Mascate – décembre 2013

ROUMANIE : Next, Bucharest International Short and Medium Length Film Festival – avril 2014

Par France Hatron

Photo S2Sugar Man, qui a obtenu l’Oscar du meilleur documentaire, nous l’avait révélé, dévoilé, décrypté. On peut désormais raisonnablement penser, après avoir encouragé Sixto Rogriguez sur scène, que Sugar Man de Malik Bendjelloul l’a aussi précipité dans la fosse aux ours du Zénith, le 4 juin dernier.

 

Sixto, tu n’étais pas destiné à sortir de l’ombre à 71 ans. Tu aurais dû rester un héros très discret. Tes admirateurs l’ont bien compris. Ils ne t’ont pas hué sur ta scène trop grande pour toi lorsque ta guitare t’échappait. Ils ont préféré se cacher derrière leur bière pour rire nerveusement lorsque ta voix déraillait. Ils avaient les larmes aux yeux quand tu buvais ton vin en tremblant sous leur nez. Ils auraient voulu t’écouter toute la nuit et pourtant ils avaient hâte que tu rentres te coucher. S’ils avaient pu, ils t’auraient bordé pour toujours. Tristes, comme toi, beaucoup se sentaient aussi coupables d’être là, parce que leur place, tout comme la tienne, n’était pas là ce soir-là.

Photo S3

 

Comme les grands fragiles de ce monde, tu dois avoir beaucoup d’humour et soyons sûrs que tu sourirais d’entendre que nous avons préféré ton documentaire à ton concert ! Mais nous ne regrettons rien. Grâce à toi, nous avons compris que le talent et la gloire n’avaient rien à voir, que ton parcours unique faisait de toi ce personnage unique qui n’a jamais rien eu à prouver. Et surtout pas qu’il avait du talent.

Sixto, tu es né Rodriguez et, loin des pseudos racoleurs en tous genres, tu es resté un Rodriguez. Avec ton sourire au charme discret et ta moue mi sensuelle mi tragique, tu séduis à la légère et tu irradies sans le savoir, à la mexicaine peut-être puisque tes racines sont là-bas.

Photo S4Né en 1942, à Détroit dans le Michigan, tu as fait des études comme beaucoup d’entre nous, tu as grandi la musique au ventre, comme quelques-uns d’entre nous, mais ta voix sublime et ton talent auraient dû te démarquer pour toujours, comme personne. Au début des années 70, tu as écrit toi-même tes deux sublimes albums de folk qui t’ont hissé au rang de diva en Afrique du Sud sous le régime de l’Apartheid. Tes disques se sont vendus autant que ceux des Beatles et tu ne l’as pas su. Courageux, libre et digne, pendant ces longues décennies, tu as poursuivi humblement ton métier de maçon et vécu comme si public tu n’avais jamais eu et gloire jamais connu. Durant toutes ces années à façonner les maisons des autres, tu n’imaginais pas que tu façonnais en même temps ton image et qu’un jour tes enfants te verraient faire le tour du monde sous les sunlights et qu’ils t’admireraient autant que nous.

Sixto, cette vie rêvée, elle est arrivée trop tard et t’a fait boire la tasse. Elle t’a dépassé et emporté au passage, comme la vague. Parce qu’elle ne devait pas correspondre à ta vision du bonheur : « le succès est d’avoir ce que vous voulez, mais le bonheur est d’accepter ce que vous avez. » Nous, nous t’aimons pour ce que tu es, pour tout ce que tu n’as pas fait comme les autres et parce que tu n’en veux à personne d’avoir été laissé pour mort si longtemps.

 

Par Olivier Pélisson 

Affiche du 15e Festival du Cinéma brésilien de Paris

Affiche du 15e Festival du Cinéma brésilien de Paris

Le 66e Festival de Cannes vient de s’achever. Aucun long métrage brésilien au compteur parmi les quatre-vingt-cinq projetés toutes sections confondues. Seulement deux courts métrages, un à la Quinzaine des Réalisateurs (Pouco mais de um mês d’André Novais Oliveira), un autre à la Semaine de la Critique (Pátio d’Aly Muritiba).

Raison de plus pour revenir sur le Festival du Cinéma Brésilien de Paris qui s’est déroulé du 16 au 23 avril dernier. Ramassé sur une semaine et réinstallé dans la grande salle du cinéma l’Arlequin, l’événement a présenté vingt-sept films, avec un public souvent présent en masse. L’occasion de prendre le pouls de la création cinématographique récente au Brésil.

De plus en plus de films sont produits, mis en chantier et tournés dans une économie nationale en plein essor. On sait que l’industrie pétrolière participe activement au montage financier des longs métrages. Mais la distribution nationale et internationale reste aléatoire, même si la France reste privilégiée.

Aucune production brésilienne n’est sortie sur nos écrans depuis Les Paradis artificiels de Marcos Prado le 31 octobre dernier. Mais 2012 reste un cru fertile avec cinq films dans les salles de l’hexagone (le précité, Trabalhar cansa de Juliana Rojas & Marco Dutra, Historias de Julia Murat, Insolation de Daniela Thomas & Felipe Hirsch, Tourbillon de Clarissa Campolina & Helvecio Marins Jr) et une coproduction brésilienne tournée aux Etats-Unis (Sur la route de Walter Salles). A ce jour, aucun film n’est confirmé pour 2013.

Présenté en clôture du festival, le voyage musical avec Gilberto Gil réalisé par Pierre-Yves Borgeaud, Viramundo, est sorti ce 8 mai mais reste une production franco-suisse. Côté nouveauté, on attend notamment les opus de Karim Aïnouz (Praia do futuro, filmé de Berlin à Fortaleza avec Wagner Moura et Clemens Schick) et de Sergio Machado (Heliópolis, tourné autour de São Paulo avec Lázaro Ramos, Tais Araujo et Sandra Corveloni), dont la postproduction est en cours, pour une présentation courant 2014.

Espérons que la présentation des seize films inédits de cette quinzième édition du Festival de Paname incitera les distributeurs français à se mouiller davantage en eaux brésiliennes. Sept longs étaient présentés dans la compétition destinée au Prix du public. Le convenu Juan et la ballerine de Raphael Aguinaga, tourné en Argentine, en espagnol et avec des acteurs argentins, a gagné. Dix autres étaient répartis entre séances spéciales, programmation jeune public et section documentaire. Et l’hommage à Carlos Diegues était accompagné d’une rétrospective de dix parmi ses seize longs métrages de fiction, de Ganga Zumba au Plus grand amour du monde (1963-2006).

Que retenir de cette cuvée ? Que le cinéma brésilien est toujours aussi attaché à son histoire et à son patrimoine culturel, au vu des trois séances spéciales et des documentaires. On y a suivi des icônes musicales (Gonzaga de père en fils de Breno Silveira, Viramundo avec Gilberto Gil) et artistiques (Tropicalia de Marcelo Machado, Hélio Oiticica de Cesar Oiticica), et des préoccupations environnementales, identitaires et communautaires (Taina 3, A l’origine de Rosane Svartman, Les Hyperfemmes de Carlos Fausto, Leonardo Sette & Takuma Kuikuro, Margaret Mee et la fleur de la lune de Malu de Martino). Sans oublier les répercussions de la dictature militaire (Les Histoires d’Arcanjo, un documentaire sur Tim Lopes de Guilherme Azevedo, Les Yeux de Bacuri de l’actrice Maria de Medeiros).

Les récits ne cessent de regarder le riche passé chaotique du pays. Mais les visées diffèrent. Du divertissement insipide de l’aventure amazonienne de Taina 3 au portrait puzzle enrichissant Hélio Oiticica, il y a tout un monde. Un monde que Carlos Diegues a lui aussi investi avec ses voyages au cœur de l’esclavagisme, de révolte (Ganga Zumba, 1964) en fascination amoureuse (Xica da Silva, 1976), et avec sa chronique familiale sur trente-cinq ans jusqu’au coup d’été militaire Les Héritiers (1969). Fascinant de voir à quel point les films d’hier éclairent ceux d’aujourd’hui. La disparition liée tragiquement à la dictature ressurgit inlassablement, et sous de nombreuses formes dans plusieurs films de la compétition de cette année. 

Il était une fois Veronica

Le jeune médecin à la vie confortable de La Recherche de Luciano Moura part sur les traces de son fils de quinze ans qui a pris la tangente. Le héros titre de La Forêt de Jonathas de Sérgio Andrade en quête de fruits rares s’enfonce dans la jungle amazonienne jusqu’à s’y perdre fatalement. Les trois jeunes trisomiques de Colegas de Marcelo Galvão fuient leur institution pour vivre leur aventure à la Thelma et Louise. Et un autre médecin, l’héroïne d’Il était une fois Veronica de Marcelo Gomes (photo), semble disparaître à elle-même au fil des jours, tout comme Le Clown de Selton Mello, sans aucune attache matérielle, sociale ou sentimentale, paraît évanoui derrière son costume et son maquillage.

La fin d’un monde semble toujours planer, ou du moins le passage à un autre, encore incertain. Ce passage qui fait le cœur même d’un des films les plus appréciés de Diegues, Bye Bye Brasil (1980), avec ses artistes itinérants et symboles d’un Brésil voué à la disparition. Fin de l’insouciance, de la légèreté, des habitudes artisanales. Mutation vers un ailleurs inconnu, vers une modernité et une technicité en marche. Jusqu’à l’étrangeté des Bruits du voisinage de Kleber Mendonça Filho (photo), où l’arrivée d’agents de sécurité bouleverse la vie d’un quartier de Recife.

Les Bruits du voisinage

Les Bruits du voisinage

Mais cette tendance générale à la disparition reste illuminée par la musique, viscéralement présente à travers les portraits fictionnels et documentaires des artistes précités. Tout comme elle inonde les illustrations cinématographiques de Diegues inspirées de chansons phares du répertoire national (Regarde cette chanson), et ses collaborations étroites avec Chico Buarque ou Caetano Veloso dont les bandes originales nourrissent les récits mêmes de Jeanne la Française et Tieta do Agreste. La musique, encore et toujours, qui sauve les hommes du chaos.

 

http://www.festivaldecinemabresilienparis.com/2013/