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Par Albéric de Gouville, l’envoyé spécial de France 24 à Cannes 

 

Nouveau palmarès d’Albéric, cette fois-ci sur les films présentés en Sélection Officielle hors compétition, dans la section Un Certain regard et à La Quinzaine des Réalisateurs.

 

UN CERTAIN REGARD


Affiche ClashCLASH 
****

Un huis clos dans un fourgon de police au Caire pendant des manifestations en août 2013. Des manifestants anti et pro frères musulmans se retrouvent dans le même fourgon.  Au cœur d’une actualité brûlante, un film passionnant sur le fond et brillantissime dans sa réalisation. Par Mohammed Diab, le réalisateur du déjà superbe « Les femmes du bus 678 ». S’il avait été en compétition, CLASH aurait pu faire une très belle palme d’or.

 

 

 

VOIR DU PÄYS ***

Nouveau film sur des militaires français de retour d’un théâtre de guerre en Afghanistan. Ils vont passer trois jours de « repos/debriefing » dans un hôtel de luxe à Chypre. La particularité du film ? Etre centré sur des jeunes femmes, plongées dans un univers d’hommes. Il est d’ailleurs réalisé par deux femmes, Delphine et Muriel Coulin. Passionnant.

 

PERSONAL AFFAIRS **

Très joli film réalisé par une jeune cinéaste israélienne, Maha Haj, mais tourné entièrement en arabe avec des acteurs palestiniens entre Nazareth, Ramallah et la Suède. Comme le titre du film l’indique, le film parle « d’affaires personnelles », celles d’une famille palestinienne éclatée. La politique n’apparait que furtivement, avec un contrôle à un check point de l’armée isralienne.

 

DOGS **

Ambiance western pour ce film roumain très lent. Un homme revient sur les terres de son grand-père dont il vient d’hériter. Mais il doit faire face aux anciens hommes de main du grand père, qui était en fait le chef de la mafia locale. Un vrai climat se dégage du film. A suivre donc ce cinéaste, Bogdan Mirica.

 

APPRENTICE **

Un jeune gardien de prison de Singapour s’apprête à devenir l’assistant du bourreau de la prison. Plongée angoissante dans une ambiance carcérale à Singapour, où la peine de mort est régulièrement prononcée contre les trafiquants de drogue. Second film extrêmement maîtrisé du jeune Boo Junfeng.

 

AU DELA DES COLLINES ET DES MONTAGNES *

Un officier de l’armée israélienne prend sa retraite et découvre la vie civile avec des conséquences pour toute sa famille. Eran Kolirin livre une jolie chronique, gâchée par une fin totalement manichéenne. Dommage.

 

SELECTION OFFICIELLE / HORS COMPETITION

 

Affiche Hissene HabreHISSENE HABRE, UNE TRAGEDIE TCHADIENNE ***

Le tchadien Mahamat Saleh Haroun, revient pour la troisième fois à Cannes mais, cette fois-ci, hors compétition avec un documentaire qui donne la parole à des victimes de la dictature de Hissène Habré. Certaines scènes où les anciens bourreaux rencontrent leurs victimes sont bouleversantes. Un film témoignage salutaire dans la veine de ce que fait Rithy Panh au Cambodge (« S21 »…) où Joshua Oppenheimer en Indonésie (« The look of silence »…). Rithy Panh présente d’ailleurs à Cannes, également hors compétition, son dernier film, EXIL.

 

CAFE SOCIETY ***

Comme tous les ans, Woody Allen nous livre un film. Il a fait l’ouverture du festival et vient à Cannes pour la 14ème fois hors compétition. Il nous emmène dans les années 30 avec des chassés croisés amoureux à Hollywood puis à New York. C’est brillant, enlevé. Un bon Woody Allen mais manquant sans doute de surprises.

 

MONEY MONSTER **

Jodie Foster derrière la caméra, Georges Clooney et Julia Roberts (pour la première fois à Cannes), devant : une affiche de rêve pour la montée des marches. Le film raconte la  prise d’otages, en direct à la television, d’un animateur vedette, sur fond de corruption dans le monde de la finance. La dénonciation n’est pas très crédible mais le film est plaisant et bien rythmé.

 

LE BON GROS GEANT *

Spielberg retrouve le monde de l’enfance en adaptant un livre de Roald Dahl, publié en 1982, l’année de la sortie de ET. Visuellement , avec le mélange d’images virtuelles et de personnages réels (« motion picture ») , le film n’a pas la poésie de certains autres Spielberg, et bien sûr de ET. Mais le petit déjeuner du « bon gros géant », à la cour d’Angleterre, est un régal : éclats de rire garantis.

 

LA QUINZAINE DES REALISATEURS

 

Affiche L'économie du coupleL’ECONOMIE DU

COUPLE ***

Joachim Lafosse revient au cœur du couple après le très réussi « A en perdre la raison » : un couple en instance de divorce continue à partager la même maison, pour des raisons financières. Bérenice Bejo et Cedric Kahn exceptionnels de vérité. Un film extrêmement juste d’un bout à l’autre.

 

MEAN DREAMS **

Thriller haletant, de Nathan Morlando, dans la campagne américaine avec un couple d’adolescents qui fuit le shérif local et son adjoint, tous les deux responsables d’un trafic de drogue. Le « méchant » du film n’est autre que le père de la jeune fille qui s’enfuit avec son amoureux. Rien de révolutionnaire mais un suspens très bien mené.

 

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 Par Olivier Pélisson  

 

Affiche Festival de Cannes 2016Festival de Cannes, 69e édition. Semaine de la Critique, 55e édition. Quinzaine des Réalisateurs, 48e édition. Acid à Cannes, 24e édition. Les années passent et le cinéma tous azimuts est à nouveau au rendez-vous de la Croisette au mois de mai. Plus d’une centaine de films vont remplir les salles, de longs-métrages attendus en courts-métrages de découverte, de films d’auteurs du monde entier en œuvres événements.

Un homme préside le jury officiel, le cinéaste australien George Miller, qui a mis à l’honneur les femmes dans son opus présenté l’an dernier hors compétition dans le Grand Théâtre Lumière du Palais des Festivals: Mad Max : Fury Road. Des femmes qui mènent le reste des jurys de la Croisette, et c’est bien : Naomi Kawase pour les courts-métrages et la Cinéfondation, Marthe Keller pour Un Certain Regard, Catherine Corsini pour la Caméra d’Or, et Valérie Donzelli pour la Semaine de la Critique.

Affiche Semaine 2Côté course à la Palme d’Or, vingt-et-un films sont dans les starting blocks, avec deux signés de cinéastes asiatiques, un moyen-oriental, un sud-américain, quatre nord-américains et treize européens. Un très grand habitué (le Britannique Ken Loach, en lice pour la treizième fois !) et des familiers (les Belges Luc et Jean-Pierre Dardenne et l’Américain Jim Jarmusch avec sept venues pour la Palme, l’Espagnol Pedro Almodovar et le Français Olivier Assayas avec cinq) côtoient quatre petits nouveaux en compét’ (le Brésilien Kleber Mendonça Filho, l’Allemande Maren Ade, le Roumain Cristi Puiu et le Français Alain Guiraudie). Quatre réalisateurs ont déjà reçu le prix suprême : Loach (Le Vent se lève en 2006), Cristian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours en 2007), et les double palmés Dardenne (Rosetta en 1999, Le Fils en 2005).

Photo Semaine Tramontane  2Vingt-deux films sont annoncés côtés premiers longs-métrages, dont dix-neuf dans la quête de la Caméra d’Or. Les yeux sont braqués à Un Certain Regard sur les attendus Dogs du Roumain Bogdan Mirica, tension en campagne, et La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit, roi de l’animation avec ses magnifiques courts primés Le Moine et le poisson et Père et fille. À la Semaine de la Critique, on attend la quête identitaire d’un jeune aveugle libanais Tramontane de Vatche Boulghourjian, la chronique d’un deuil israélien One Week and a Day d’Asaph Polonsky, et la mue mordante d’une jeune étudiante vétérinaire Grave de Julia Ducournau.

Photo MercenaireÀ la Quinzaine des Réalisateurs, ce sont l’animé en pâte à modeler Ma vie de courgette de Claude Barras, coécrit avec Céline Sciamma, et l’itinéraire d’un jeune rugbyman calédonien Mercenaire de Sacha Wolff.

 

On verra aussi les premiers pas d’interprètes derrière la caméra (Chloë Sevigny, Laetitia Casta, Sandrine Kiberlain et Félix Moati pour du court, Grégoire Leprince-Ringuet pour du long), d’un écrivain (Wrong Elements de Jonathan Littell en séance spéciale officielle), et d’un metteur en scène de théâtre (Apnée de Jean-Christophe Meurisse à la Semaine). En complément des révélations, les barons du 7e art seront là. Du blockbuster à la production « familiale », ils représentent le spectre de leur art. Woody Allen, Loach, Almodovar, les Dardenne, Paul Verhoeven, Jim Jarmusch (en doublé fiction et documentaire), Steven Spielberg, Rithy Panh, Paul Vecchiali, Marco Bellocchio ou Paul Schrader.

Dog eat dogDu genre, du genre, avec du thriller, du sang, du cannibalisme, du vampire et du fantôme. L’occasion de voir arriver à Cannes le sud-coréen Na Hong-jin avec The Strangers, son compatriote Sang-ho Yeon pour Train to Busan, et Mel Gibson filmé par Jean-François Richet dans Blood Father (tous trois en Officiel hors compétition), Nicolas Cage et Willem Dafoe chez Schrader dans Dog Eat Dog (clôture de la Quinzaine), le discret The Transfiguration de Michael O’Shea (Un Certain Regard), le déjà annoncé Grave de Ducournau, et des donzelles icônes en pleins troubles existentiels, de Kristen Stewart chez Assayas (Personal Shopper) à Elle Fanning chez Nicolas Winding Refn (The Neon Demon).

Les actrices vont régner sur la Croisette. Avec des prétendantes de haute volée pour le prix d’interprétation féminine : Sonia Braga dans Aquarius de Mendonça Filho, Adèle Haenel dans La Fille inconnue des Dardenne, Stewart donc dans Personal Shopper, Sandra Hüller dans Toni Erdmann de Maren Ade, Charlize Theron dans The Last Face de Sean Penn, Marion Photo Fais de beaux reves (c) Simone Martinetto 1Cotillard dans le doublé Mal de pierres de Nicole Garcia / Juste la fin du monde de Xavier Dolan, Emma Suarez et Adriana Ugarte dans Julieta d’Almodovar, et l’indéboulonnable Isabelle Huppert dans Elle de Verhoeven. A071C001__c_Ecce_FilmsOutre Cotillard, plusieurs sont présentes en doublé cannois : Stewart avec aussi le Allen d’ouverture Café Society, Soko à Un Certain Regard (La Danseuse de Stéphanie di Giusto, Voir du pays des sœurs Coulin), Bérénice Bejo à la Quinzaine (Fais de beaux rêves de Bellocchio, L’Économie du couple de Joachim Lafosse), et Virginie Efira, en ouverture de la Semaine (Victoria de Justine Triet) et en compétition officielle dans Elle.

Un homme et une femmeEnfin, des anniversaires, surprises à la clé ? Cinquante ans pour la Palme d’Or d’Un homme et une femme de Claude Lelouch (1966), quarante ans pour celle de Taxi Driver de Martin Scorsese (1976), dont le duo principal est présent en séances spéciales (Jodie Foster pour son Money Monster avec George Clooney et Julia Roberts, Robert de Niro pour Hands of Stone de Jonathan Jakubowicz), et vingt-cinq ans pour celle de Barton Fink des frères Coen (1991). Dans quelques heures ça démarre. À vos marques !

 

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Affiche 3 Festival de CannesPar Olivier Pélisson

 

Le 67e Festival de Cannes pointe le bout de son nez. Il se tiendra du 14 au 25 mai sur la Croisette et réunira le traditionnel cocktail annuel. Avec la Sélection Officielle composée des films en compétition pour la Palme d’Or, Un Certain Regard, les séances hors compétition, spéciales et de minuit, les courts métrages en compétition et la Cinéfondation. Mais aussi avec Cannes Classics, le Cinéma de la plage et les Master Class (Jacques Audiard, Sophia Loren).

Et bien sûr avec les sections parallèles composées de la 46e Quinzaine des Réalisateurs, parrainée par la SRF (Société des Réalisateurs de Films), et de la 53e Semaine de la Critique, parrainée par le SFCC (Syndicat Français de la Critique de Cinéma).

Signature bleue Festival de CannesAu total, plus d’une centaine de films, plusieurs centaines de projections et des milliers de festivaliers. De quoi faire tourner la tête, ou la perdre pour certains. De quoi aussi trouver son bonheur. Car ce concentré de projections et de rencontres reste un écran unique en termes d’excitation cinéphilique et d’état des lieux sur le monde.

Une femme va présider le jury officiel, et pas des moindres : la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion. Elle est la dixième femme à assurer la présidence depuis les débuts de la manifestation en 1946 (51 hommes ont présidé), et la première réalisatrice à part entière, après huit actrices (Olivia de Havilland, Sophia Loren, Michèle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert) et une écrivaine (Françoise Sagan). Elle reste aussi à ce jour la seule réalisatrice à avoir remporté la Palme d’Or (1993), tout comme la première femme à avoir décroché l’Oscar du meilleur scénario pour un de ses propres films (en 1994, Sofia Coppola l’a suivie en 2004). Les deux fois pour La Leçon de piano.

On peut signaler une présence forte des réalisatrices dans tous les jurys, avec aussi une majorité artistique féminine dans l’officiel (Campion, Carole Bouquet, Yeon Do-jeon, Sofia Coppola, Leila Hatami, Gael Garcia Bernal, Willem Dafoe, Nicolas Winding Refn, Jia Zhang-ke), avec Nicole Garcia en présidente du jury de la Caméra d’Or, Andrea Arnold en tête du Jury du Grand Prix de la Semaine de la Critique, et Rebecca Zlotowski en tête des jurys des Prix Découverte du court métrage du Révélation de la même Semaine. Pour le jury du Prix Un Certain Regard, c’est le cinéaste argentin Pablo Trapero qui mène le bal.

Dans les films présentés, les femmes sont bel et bien là, même si toujours timidement en compétition (deux pour dix-huit films), elles sont plus nombreuses à Un Certain Regard et en séances spéciales.

Côté compétition pour la récompense suprême, dix-huit films sont en lice à ce jour. L’Europe prime (neuf films), puis l’Amérique du Nord (cinq films dont trois pour le Canada). Suivent l’Afrique (un film), l’Amérique du Sud (un film) et l’Asie (un film), sans oublier la Turquie, au carrefour de l’Europe et de l’Asie (un film).

Thierry Frémaux et son équipe continuent de concocter un savant mélange d’habitués et de nouveaux venus. Ken Loach peut s’enorgueillir de concourir pour la douzième fois à la Palme (Jimmy’s Hall). Un record pour celui qui a déjà glané l’Or (Le Vent se lève) et trois Prix du Jury (Hidden Agenda, Raining Stones, La Part des anges), et qui revient toutes sections confondues pour la dix-huitième fois sur la Croisette, depuis 1970 avec Kes à la Semaine de la Critique.

C’est la septième compétition pour Jean-Luc Godard (Adieu au langage), la sixième pour Atom Egoyan (The Captive) et les frères Dardenne (Deux jours, une nuit), la cinquième pour Mike Leigh (Mr Turner), David Cronenberg (Maps to the Stars) et Nuri Bilge Ceylan (Winter Sleep), la quatrième pour Naomi Kawase (Futatsume no mado-Still the water) et Olivier Assayas (Sils Maria), la troisième pour Bertrand Bonello (Saint Laurent) et la seconde pour Andrei Zvyagintsev (Leviathan), Tommy Lee Jones (The Homesman) et Michel Hazanavicius (The Search).

Côté arrivée en compétition, cinq cinéastes sont à l’honneur avec le Mauritanien Abderrahmane Sissako (Timbuktu), l’Argentin Damian Szifron (Relatos salvajes), l’Italienne Alice Rohrwacher (Le Meraviglie), l’Américain Bennett Miller (Foxcatcher) et le Canadien Xavier Dolan (Mommy).

 

Photo seamine de la critique

Autre tendance, les acteurs et actrices qui réalisent sont très présents, qu’ils jouent ou pas dans leurs films, avec Tommy Lee Jones et Xavier Dolan en compétition, Asia Argento (Incompresa), Mathieu Amalric (La Chambre bleue) et Ryan Gosling (Lost River) à Un Certain Regard, Isild Le Besco (Les Ponts de Sarajevo) en séance spéciale hors compétition, Ronit Elkabetz (Gett) à la Quinzaine des Réalisateurs, et Mélanie Laurent (Respire) à la Semaine de la Critique.

 

On note évidemment des maîtres, des incontournables du cinéma contemporain, des Dardenne à Isao Takahata (Le Conte de la Princesse Kaguya, Quinzaine des Réalisateurs), de Cronenberg à Frederick Wiseman (National Gallery, Quinzaine des Réalisateurs), de John Boorman (Queen and Country, Quinzaine des Réalisateurs) à Godard, de Loach à Wim Wenders (The Salt of the Earth, Un Certain Regard).

Du cinéma de genre, avec notamment le western pour The Homesman de Tommy Lee Jones et The Salvation de Kristian Levring (Séance de minuit hors compétition), l’horreur pour la reprise de Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (Séance spéciale Quinzaine des Réalisateurs), les zombies de It Follows de David Robert Mitchell et les loups-garous de When animals dream de Jonas Alexander Arnby (Semaine de la Critique), et l’étrangeté extrême de Alleluia de Fabrice du Welz (Quinzaine des Réalisateurs).

Du sang neuf avec vingt premiers longs métrages en lice pour la Caméra d’Or. Sept à Un Certain Regard, cinq à la Quinzaine des Réalisateurs et huit à la Semaine de la Critique. Sans oublier les multiples courts métrages de toutes les sections et de la Cinéfondation.

Côté jeune garde made in France, entre révélation et confirmation, on attend beaucoup de Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis (Un Certain Regard), Mange tes morts de Jean-Charles Hue et Les Combattants de Thomas Cailley (Quinzaine des Réalisateurs) et FLA de Djinn Carrénard (Semaine de la Critique). Côtés grosses pointures hexagonales en compétition, c’est l’éclectisme avec Assayas et Hazanavicius au-delà des frontières, Godard au-delà des mots et Bonello au-delà d’une icône ? Céline Sciamma et sa Bande de filles et Bruno Dumont et son P’tit quinquin devraient aussi attirer l’attention à la Quinzaine des Réalisateurs.

Photo Quinzaine

Si le Canada marque la compétition avec Cronenberg, Egoyan et Dolan, Israël fait figure de bel outsider avec Keren Yedaya à Un Certain Regard (Loin de ton absence), Asaf Korman (Next to her) et Ronit & Shlomit Elkabetz (Gett) à la Quinzaine des Réalisateurs, et Shira Geffen (Self Made) et Nadav Lapid (L’Institutrice) à la Semaine de la Critique.

 

Des paillettes ? De la star ? Vous croyez ? Of course. Forcément. Nicole Kidman ouvrira le bal glamour en Grace Kelly (Grace de Monaco d’Olivier Dahan, Ouverture hors compétition). Sophia Loren suivra en invitée d’honneur de Cannes Classics. Et qui d’autre ? Toutes sections confondues ?  Ah oui : Catherine Deneuve, Gong Li, Mads Mikkelsen, Eva Green, Juliette Binoche, Kristen Stewart, Marion Cotillard, Julianne Moore, Hilary Swank, Meryl Streep, Robert Pattinson, Annette Bening, Bérénice Bejo, Monica Bellucci, Ryan Reynolds, Steve Carell, Channing Tatum, Charlotte Gainsbourg, Jessica Chastain, James McAvoy, Isabelle Huppert, Viggo Mortensen, Eva Mendes, Ryan Gosling…

Et puis Marcello Mastroianni, le plus grand acteur du monde, brille en haut de l’affiche de cette 67e édition. Prix d’interprétation masculine à deux reprises pour Drame de la jalousie d’Ettore Scola (1970) et Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov (1987). Palme d’Or avec La Dolce Vita de Federico Fellini (1960) et scandale historique avec La Grande bouffe de Marco Ferreri (1973). Vingt-cinq films présentés en quasi quarante ans. La classe inégalée. Et la promesse d’une cuvée ludique et foisonnante.

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Photo Palme

 

Par Olivier Pélisson 

Affiche du 15e Festival du Cinéma brésilien de Paris

Affiche du 15e Festival du Cinéma brésilien de Paris

Le 66e Festival de Cannes vient de s’achever. Aucun long métrage brésilien au compteur parmi les quatre-vingt-cinq projetés toutes sections confondues. Seulement deux courts métrages, un à la Quinzaine des Réalisateurs (Pouco mais de um mês d’André Novais Oliveira), un autre à la Semaine de la Critique (Pátio d’Aly Muritiba).

Raison de plus pour revenir sur le Festival du Cinéma Brésilien de Paris qui s’est déroulé du 16 au 23 avril dernier. Ramassé sur une semaine et réinstallé dans la grande salle du cinéma l’Arlequin, l’événement a présenté vingt-sept films, avec un public souvent présent en masse. L’occasion de prendre le pouls de la création cinématographique récente au Brésil.

De plus en plus de films sont produits, mis en chantier et tournés dans une économie nationale en plein essor. On sait que l’industrie pétrolière participe activement au montage financier des longs métrages. Mais la distribution nationale et internationale reste aléatoire, même si la France reste privilégiée.

Aucune production brésilienne n’est sortie sur nos écrans depuis Les Paradis artificiels de Marcos Prado le 31 octobre dernier. Mais 2012 reste un cru fertile avec cinq films dans les salles de l’hexagone (le précité, Trabalhar cansa de Juliana Rojas & Marco Dutra, Historias de Julia Murat, Insolation de Daniela Thomas & Felipe Hirsch, Tourbillon de Clarissa Campolina & Helvecio Marins Jr) et une coproduction brésilienne tournée aux Etats-Unis (Sur la route de Walter Salles). A ce jour, aucun film n’est confirmé pour 2013.

Présenté en clôture du festival, le voyage musical avec Gilberto Gil réalisé par Pierre-Yves Borgeaud, Viramundo, est sorti ce 8 mai mais reste une production franco-suisse. Côté nouveauté, on attend notamment les opus de Karim Aïnouz (Praia do futuro, filmé de Berlin à Fortaleza avec Wagner Moura et Clemens Schick) et de Sergio Machado (Heliópolis, tourné autour de São Paulo avec Lázaro Ramos, Tais Araujo et Sandra Corveloni), dont la postproduction est en cours, pour une présentation courant 2014.

Espérons que la présentation des seize films inédits de cette quinzième édition du Festival de Paname incitera les distributeurs français à se mouiller davantage en eaux brésiliennes. Sept longs étaient présentés dans la compétition destinée au Prix du public. Le convenu Juan et la ballerine de Raphael Aguinaga, tourné en Argentine, en espagnol et avec des acteurs argentins, a gagné. Dix autres étaient répartis entre séances spéciales, programmation jeune public et section documentaire. Et l’hommage à Carlos Diegues était accompagné d’une rétrospective de dix parmi ses seize longs métrages de fiction, de Ganga Zumba au Plus grand amour du monde (1963-2006).

Que retenir de cette cuvée ? Que le cinéma brésilien est toujours aussi attaché à son histoire et à son patrimoine culturel, au vu des trois séances spéciales et des documentaires. On y a suivi des icônes musicales (Gonzaga de père en fils de Breno Silveira, Viramundo avec Gilberto Gil) et artistiques (Tropicalia de Marcelo Machado, Hélio Oiticica de Cesar Oiticica), et des préoccupations environnementales, identitaires et communautaires (Taina 3, A l’origine de Rosane Svartman, Les Hyperfemmes de Carlos Fausto, Leonardo Sette & Takuma Kuikuro, Margaret Mee et la fleur de la lune de Malu de Martino). Sans oublier les répercussions de la dictature militaire (Les Histoires d’Arcanjo, un documentaire sur Tim Lopes de Guilherme Azevedo, Les Yeux de Bacuri de l’actrice Maria de Medeiros).

Les récits ne cessent de regarder le riche passé chaotique du pays. Mais les visées diffèrent. Du divertissement insipide de l’aventure amazonienne de Taina 3 au portrait puzzle enrichissant Hélio Oiticica, il y a tout un monde. Un monde que Carlos Diegues a lui aussi investi avec ses voyages au cœur de l’esclavagisme, de révolte (Ganga Zumba, 1964) en fascination amoureuse (Xica da Silva, 1976), et avec sa chronique familiale sur trente-cinq ans jusqu’au coup d’été militaire Les Héritiers (1969). Fascinant de voir à quel point les films d’hier éclairent ceux d’aujourd’hui. La disparition liée tragiquement à la dictature ressurgit inlassablement, et sous de nombreuses formes dans plusieurs films de la compétition de cette année. 

Il était une fois Veronica

Le jeune médecin à la vie confortable de La Recherche de Luciano Moura part sur les traces de son fils de quinze ans qui a pris la tangente. Le héros titre de La Forêt de Jonathas de Sérgio Andrade en quête de fruits rares s’enfonce dans la jungle amazonienne jusqu’à s’y perdre fatalement. Les trois jeunes trisomiques de Colegas de Marcelo Galvão fuient leur institution pour vivre leur aventure à la Thelma et Louise. Et un autre médecin, l’héroïne d’Il était une fois Veronica de Marcelo Gomes (photo), semble disparaître à elle-même au fil des jours, tout comme Le Clown de Selton Mello, sans aucune attache matérielle, sociale ou sentimentale, paraît évanoui derrière son costume et son maquillage.

La fin d’un monde semble toujours planer, ou du moins le passage à un autre, encore incertain. Ce passage qui fait le cœur même d’un des films les plus appréciés de Diegues, Bye Bye Brasil (1980), avec ses artistes itinérants et symboles d’un Brésil voué à la disparition. Fin de l’insouciance, de la légèreté, des habitudes artisanales. Mutation vers un ailleurs inconnu, vers une modernité et une technicité en marche. Jusqu’à l’étrangeté des Bruits du voisinage de Kleber Mendonça Filho (photo), où l’arrivée d’agents de sécurité bouleverse la vie d’un quartier de Recife.

Les Bruits du voisinage

Les Bruits du voisinage

Mais cette tendance générale à la disparition reste illuminée par la musique, viscéralement présente à travers les portraits fictionnels et documentaires des artistes précités. Tout comme elle inonde les illustrations cinématographiques de Diegues inspirées de chansons phares du répertoire national (Regarde cette chanson), et ses collaborations étroites avec Chico Buarque ou Caetano Veloso dont les bandes originales nourrissent les récits mêmes de Jeanne la Française et Tieta do Agreste. La musique, encore et toujours, qui sauve les hommes du chaos.

 

http://www.festivaldecinemabresilienparis.com/2013/

Festival de films de femmes de CréteilDu 2 au 11 avril

Par France Hatron

Vendredi 2 avril, Jackie Buet a déclaré ouverte la 32ème édition du festival de films de femmes de Créteil. 

Rappelons les intentions de la directrice et fondatrice du festival : « contribuer à la reconnaissance du cinéma des réalisatrices du monde entier, en défendant des films rarement soutenus par de grosses productions et souvent réalisés avec entêtement, en marge et en auto production ».

Jackie Buet était épaulée sur scène par la programmatrice du festival, Norma Guevara. Les deux femmes ont invité le public cinéphile, venu comme d'habitude nombreux, à découvrir le premier film de la compétition des longs métrages Le dernier été de la Boyita de Julia Solomonoff. Un film argento-espagnol qui évoque le premier coup de coeur, devenant même le premier amour de  Jorgelina, pas encore sortie du monde de l'enfance. Son attachement à Mario va l'emmener très loin, dans une période où ses parents décident de divorcer. Autant de soubresauts qui vont lui faire traverser plus vite que prévu la frontière vers l'adolescence. Un second long-métrage, filmé et interprété ave

c brio, qui bouleverse sans nous étouffer par le pathos du contexte. 

Parallèlement à ce film d'ouverture, se jouait dans la grande salle de la Maison des Arts un concert de la chanteuse malienne Rokia Traoré. Une façon de célébrer la présence cette année de la section Trans-Europe-Afrique au sein de la sélection. En effet, une grande place a été faite aux œuvres africaines ou bien qui traitent de l’Afrique. Un hommage sera d’ailleurs rendu samedi 10 avril à la réalisatrice et ethnologue sénégalaise, Safi Faye.  

Au programme cette année, plus de 80 films (longs métrages fictions, documentaires et courts métrages), dont une cinquantaine sont des films inédits en France et dans le monde. Des oeuvres qui d’après Jackie Buet abordent un thème récurrent : celui de la famille et de ses nouveaux schémas d'organisation.

Parmi les temps fort du festival : les 20 ans d’Act Up, l’association de lutte contre le Sida. Seront notamment présentés au cours de la soirée du mercredi 7 avril dix courts métrages dans lesquels des réalisatrices ont donné la parole à des femmes atteintes du virus du Sida.

Autre temps fort : la célébration des 40 ans du MLF. La soirée du vendredi 9 avril y sera consacrée. Le programme mettra en lumière les Suffragettes, les femmes tondues, les artistes mal reconnues des mouvements officiels de l’Art, et l’engagement féministe français et turc.

Un festival à ne pas manquer, entre autre rappelons-le pour sa sélection riche de nombreux films africains et sur l’Afrique.

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39th edition 27 January – 7 February 2010

Truth or Dare

By Thomas Taborsky (Austrian Film critic)

Trying to live up to one's reputation is a burden. It is for a filmmaker, the same way as it is for a festival like Rotterdam, which is widely regarded as the first important venue of the calendar year. Suffice to say that at this edition, which took place from the 27th of January until the 7th of February, the bigger names of arthouse cinema mostly served as an unsafe harbour that parts of the audience would retreat to if they didn't dare to discover the unknown. »Lire la suite…