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Par Olivier Pélisson 

Affiche du 15e Festival du Cinéma brésilien de Paris

Affiche du 15e Festival du Cinéma brésilien de Paris

Le 66e Festival de Cannes vient de s’achever. Aucun long métrage brésilien au compteur parmi les quatre-vingt-cinq projetés toutes sections confondues. Seulement deux courts métrages, un à la Quinzaine des Réalisateurs (Pouco mais de um mês d’André Novais Oliveira), un autre à la Semaine de la Critique (Pátio d’Aly Muritiba).

Raison de plus pour revenir sur le Festival du Cinéma Brésilien de Paris qui s’est déroulé du 16 au 23 avril dernier. Ramassé sur une semaine et réinstallé dans la grande salle du cinéma l’Arlequin, l’événement a présenté vingt-sept films, avec un public souvent présent en masse. L’occasion de prendre le pouls de la création cinématographique récente au Brésil.

De plus en plus de films sont produits, mis en chantier et tournés dans une économie nationale en plein essor. On sait que l’industrie pétrolière participe activement au montage financier des longs métrages. Mais la distribution nationale et internationale reste aléatoire, même si la France reste privilégiée.

Aucune production brésilienne n’est sortie sur nos écrans depuis Les Paradis artificiels de Marcos Prado le 31 octobre dernier. Mais 2012 reste un cru fertile avec cinq films dans les salles de l’hexagone (le précité, Trabalhar cansa de Juliana Rojas & Marco Dutra, Historias de Julia Murat, Insolation de Daniela Thomas & Felipe Hirsch, Tourbillon de Clarissa Campolina & Helvecio Marins Jr) et une coproduction brésilienne tournée aux Etats-Unis (Sur la route de Walter Salles). A ce jour, aucun film n’est confirmé pour 2013.

Présenté en clôture du festival, le voyage musical avec Gilberto Gil réalisé par Pierre-Yves Borgeaud, Viramundo, est sorti ce 8 mai mais reste une production franco-suisse. Côté nouveauté, on attend notamment les opus de Karim Aïnouz (Praia do futuro, filmé de Berlin à Fortaleza avec Wagner Moura et Clemens Schick) et de Sergio Machado (Heliópolis, tourné autour de São Paulo avec Lázaro Ramos, Tais Araujo et Sandra Corveloni), dont la postproduction est en cours, pour une présentation courant 2014.

Espérons que la présentation des seize films inédits de cette quinzième édition du Festival de Paname incitera les distributeurs français à se mouiller davantage en eaux brésiliennes. Sept longs étaient présentés dans la compétition destinée au Prix du public. Le convenu Juan et la ballerine de Raphael Aguinaga, tourné en Argentine, en espagnol et avec des acteurs argentins, a gagné. Dix autres étaient répartis entre séances spéciales, programmation jeune public et section documentaire. Et l’hommage à Carlos Diegues était accompagné d’une rétrospective de dix parmi ses seize longs métrages de fiction, de Ganga Zumba au Plus grand amour du monde (1963-2006).

Que retenir de cette cuvée ? Que le cinéma brésilien est toujours aussi attaché à son histoire et à son patrimoine culturel, au vu des trois séances spéciales et des documentaires. On y a suivi des icônes musicales (Gonzaga de père en fils de Breno Silveira, Viramundo avec Gilberto Gil) et artistiques (Tropicalia de Marcelo Machado, Hélio Oiticica de Cesar Oiticica), et des préoccupations environnementales, identitaires et communautaires (Taina 3, A l’origine de Rosane Svartman, Les Hyperfemmes de Carlos Fausto, Leonardo Sette & Takuma Kuikuro, Margaret Mee et la fleur de la lune de Malu de Martino). Sans oublier les répercussions de la dictature militaire (Les Histoires d’Arcanjo, un documentaire sur Tim Lopes de Guilherme Azevedo, Les Yeux de Bacuri de l’actrice Maria de Medeiros).

Les récits ne cessent de regarder le riche passé chaotique du pays. Mais les visées diffèrent. Du divertissement insipide de l’aventure amazonienne de Taina 3 au portrait puzzle enrichissant Hélio Oiticica, il y a tout un monde. Un monde que Carlos Diegues a lui aussi investi avec ses voyages au cœur de l’esclavagisme, de révolte (Ganga Zumba, 1964) en fascination amoureuse (Xica da Silva, 1976), et avec sa chronique familiale sur trente-cinq ans jusqu’au coup d’été militaire Les Héritiers (1969). Fascinant de voir à quel point les films d’hier éclairent ceux d’aujourd’hui. La disparition liée tragiquement à la dictature ressurgit inlassablement, et sous de nombreuses formes dans plusieurs films de la compétition de cette année. 

Il était une fois Veronica

Le jeune médecin à la vie confortable de La Recherche de Luciano Moura part sur les traces de son fils de quinze ans qui a pris la tangente. Le héros titre de La Forêt de Jonathas de Sérgio Andrade en quête de fruits rares s’enfonce dans la jungle amazonienne jusqu’à s’y perdre fatalement. Les trois jeunes trisomiques de Colegas de Marcelo Galvão fuient leur institution pour vivre leur aventure à la Thelma et Louise. Et un autre médecin, l’héroïne d’Il était une fois Veronica de Marcelo Gomes (photo), semble disparaître à elle-même au fil des jours, tout comme Le Clown de Selton Mello, sans aucune attache matérielle, sociale ou sentimentale, paraît évanoui derrière son costume et son maquillage.

La fin d’un monde semble toujours planer, ou du moins le passage à un autre, encore incertain. Ce passage qui fait le cœur même d’un des films les plus appréciés de Diegues, Bye Bye Brasil (1980), avec ses artistes itinérants et symboles d’un Brésil voué à la disparition. Fin de l’insouciance, de la légèreté, des habitudes artisanales. Mutation vers un ailleurs inconnu, vers une modernité et une technicité en marche. Jusqu’à l’étrangeté des Bruits du voisinage de Kleber Mendonça Filho (photo), où l’arrivée d’agents de sécurité bouleverse la vie d’un quartier de Recife.

Les Bruits du voisinage

Les Bruits du voisinage

Mais cette tendance générale à la disparition reste illuminée par la musique, viscéralement présente à travers les portraits fictionnels et documentaires des artistes précités. Tout comme elle inonde les illustrations cinématographiques de Diegues inspirées de chansons phares du répertoire national (Regarde cette chanson), et ses collaborations étroites avec Chico Buarque ou Caetano Veloso dont les bandes originales nourrissent les récits mêmes de Jeanne la Française et Tieta do Agreste. La musique, encore et toujours, qui sauve les hommes du chaos.

 

http://www.festivaldecinemabresilienparis.com/2013/

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