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Par Olivier Pélisson

 

CASA GRANDE *** Affiche Casa Grande

Sortie : 3 juin 2015

Durée : 1h55

Un film brésilien

Réalisation :

Fellipe Barbosa

Distribution : Thales Cavalcanti, Marcello Novaes, Suzana Pires, Alice Melo, Bruno Amaya, Clarissa Pinheiro

 

UNE SECONDE MÈRE ***
(QUE HORAS ELA VOLTA ?)

Sortie : 24 juin 2015

Durée : 1h52

Un film brésilien

Réalisation :

Anna Muylaert

Distribution : Regina Casé, Michel Joelsas, Camila Mardila, Karine Teles, Lourenço Mutarelli, Helena Albergaria 

Affiche une seconde mère

Le hasard de la programmation et des sorties dans les salles françaises en juin offre deux films brésiliens. L’un en début et l’autre en fin de mois. Deux films primés en festivals ; le premier à Rio de Janeiro, São Paulo et Toulouse, le second à Sundance et Berlin. Deux films qui sont un prolongement l’un de l’autre, par leur thématique, leur description du monde en marche et du Brésil actuel, pris entre ses contradictions, son héritage historique et son désir d’émancipation. CASA GRANDE est le premier long-métrage de fiction de Fellipe Barbosa, déjà auteur de courts métrages et du documentaire LAURA (2011). UNE SECONDE MÈRE est le quatrième opus pour le cinéma d’Anna Muylaert, suite à DURVAL DISCOS (2002), É PROIBIDO FUMAR (2009) et CHAMADA A COBRAR (2012). Mais son premier à sortir en France.

CASA GRANDE décrit la déréliction d’une famille très riche de Rio de Janeiro, à travers le fonctionnement de son espace de vie : la maison, d’où vient le titre, littéralement « Grande maison ». Le père, homme d’affaires qui a réussi par le passé, est dans une passe difficile, accumule les dettes et ne peut plus assurer le train de vie bourgeois familial, avec plusieurs voitures, plusieurs employés dans la grande baraque avec jardin et piscine. UNE SECONDE MÈRE suit la chute des valeurs d’une maison bourgeoise de São Paulo, où la femme à tout faire est devenue au fil du temps, comme le titre l’indique, la seconde mère du fils des patrons, au détriment de sa fille biologique à elle, restée dans sa région d’origine (Nordeste), où cette dernière a grandi avec l’argent que sa maman lui envoie.

Photo Une Seconde Mere 02

L’espace de la maison est un théâtre essentiel dans les deux aventures. Une demeure souvent filmée dans ses rituels, vus de l’extérieur dans le premier. Avec plan initial et final sur la bâtisse, côté jardin, avant et après la chute. Et avec plans réguliers au petit matin, lorsque le personnel arrive, de moins en moins nombreux au fil de la crise familiale. Dans UNE SECONDE MERE, c’est l’espace intérieur qui incarne et symbolise les enjeux. Val, employée de maison, ne peut pas aller n’importe comment et n’importe quand dans les lieux dédiés aux « maîtres ». Et c’est bien parce que sa fille défie tous ces codes de circulation, spatiaux et sociaux, que la famille et les rapports implosent.

Photo Une Seconde Mere 13

La piscine reste le symbole éclatant de la réussite. Le maître de maison y prend son bain dès l’ouverture de CASA GRANDE, et elle est témoin de l’affrontement entre le père et le fils, lorsque la crise matérielle bouleverse l’équilibre familial. Dans UNE SECONDE MÈRE, la fille de Val y sème la zizanie lorsqu’elle s’y retrouve, au grand dam des propriétaires et de sa mère. Le cérémonial des repas aussi, avec service du personnel, et vaisselle convenable ou pas, comme lorsque « Madame » refuse que Val serve le café dans le service modeste que cette dernière a offert à sa patronne. L’argent manque à Val et sa fille pour s’installer dignement, et le fils de famille de CASA GRANDE est pointé du doigt et traité de radin, comme son père, lorsqu’il ne peut pas rembourser son ami. Les signes extérieurs de richesse sont de vrais catalyseurs sociaux, transformés en pivots narratifs. Intéressant qu’Anna Muylaert ait choisi, pour incarner son employée, enfermée elle-même dans un esclavagisme moderne, une vedette populaire brésilienne, une femme qui a réussi : Regina Casé.

Passionnant de voir le cinéma brésilien et ses auteurs s’emparer de la réalité actuelle nationale. Les deux cinéastes font preuve d’un sens aigu de l’observation du quotidien et des mutations sociales, tout en réussissant à en faire de la fiction. Les adolescents espèrent et les adultes doivent suivre. Les plus riches souffrent des aspirations par procuration de leurs parents, quand la fille de l’employée de maison d’UNE SECONDE MÈRE décide de dépasser les barrières et les dictats, concrètement, en étudiant, en s’accrochant, et en prenant ses repas à la table des maîtres. Dans CASA GRANDE, c’est le fils de riches qui brave les codes en allant coucher avec l’ex-bonne, dans sa favela. Le pays peut ainsi avancer, et le cinéma brésilien continuer à prendre son pouls.

 

 

Par Dominique Martinez Photo La loi du marché

 

Sortie : le 20 mai 2015

Age : 16 ans

Présenté au Festival de Cannes 2015

en Sélection Officielle

Durée : 1h33

Un film français

Genre : Film dramatique

Réalisation : Stéphane Brizé

Distribution : Vincent Lindon, Yves Ory, Karine de Mirbeck, Matthieu Schaller, Xavier Mathieu, Noël Mairot…

 

La cinquantaine, ancien ouvrier et « chômeur de longue durée » selon l’expression consacrée, Thierry, un père de famille accepte un boulot de vigile dans un supermarché. Mais à quel prix ? 

Avec ce film, lors du 68e Festival de Cannes, Vincent Lindon a remporté la première récompense de sa carrière : le très couru Prix d’Interprétation Masculine. 

Photo la loi 2C’est un film sèchement politique. Brutal même. Sans spectaculaire, sans grandiloquence, mais avec force et réalisme, Stéphane Brizé livre dans ce sixième film, un constat sans concession sur notre société actuelle. La première scène annonce la couleur. Dans un long plan séquence, Thierry dit au conseiller Pôle emploi sa fureur de s’être vu envoyer faire une formation dès le départ inutile, alors que lui pensait accroître ses chances de trouver un travail. La caméra filme un homme de peu, un taiseux en colère, un poli lucide. En face, elle en filme un autre, gêné, comprenant l’inanité du mécanisme à l’origine de cette colère, mais qui ne peut dénoncer la logique en place puisqu’il est payé pour l’appliquer au quotidien. Tout est là. La violence et l’absurde d’un système qui répond à La loi du marché, celle qui pousse des entreprises bénéficiaires à licencier leurs salariés – des hommes et des femmes – pour faire encore plus de profits. La condition sociale est au cœur du film et scène après scène Brizé s’attache à croquer un système qui broie les hommes, réduits à sauver leur peau les uns contre les autres. La rupture avec ses anciens collègues syndicalistes dépassés, la lassitude des entretiens d’embauche sur skype déshumanisés, la résignation aux ateliers de professionnalisation acerbes, le sang-froid lors des rendez-vous moralisateurs à la banque, etc. Egales dans leur dimension d’humiliation sociale banalisée, ces séquences sont presque toutes coupées au milieu comme un symbole que les enjeux soulevés ne trouveront pas de solution. Celle où Thierry et sa femme négocient avec un autre couple la vente de leur mobile-home est révélatrice : chacun est à 100 euros près. On en est là. La seconde partie du film, située à l’intérieur du milieu du travail est un portrait aussi frontal…

Photo La loi 3Comme un bloc, Vincent Lindon incarne, souverain, « un costaud qui encaisse ». Il n’en est pas à son premier rôle de prolo et après Mademoiselle Chambon (2009) et Quelques heures de printemps (2012), il se révèle à nouveau sous la direction de Brizé, qui l’a entouré d’acteurs non professionnels jouant leur propre rôle. Le cinéaste dit avoir voulu « confronter l’humanité d’un individu en situation de précarité à la violence de notre société ». Le résultat est là : son cinéma âpre et économe, qui s’attache à porter sans cesse le regard de Thierry, agit comme un miroir. Et révèle à froid toute la férocité de la violence ordinaire.

 

Par Olivier Pélisson

Photo Cannes 0 bis

 

Il est là, à deux pas, le Festival de Cannes. 68e du nom, avec ses dix-neuf prétendants à la Palme d’Or. La Semaine de la Critique est là aussi, pour sa 54e édition. Et la Quinzaine des Réalisateurs, pour sa 47e édition.

 

Du beau monde, avec les frères Coen co-présidents (une première !) du grand jury, accompagnés des actrices française Sophie Marceau, espagnole Rossy de Palma, anglo-américaine Sienna Miller, de la chanteuse-musicienne malienne Rokia Traoré, de l’acteur américain Jake Gyllenhaal, et des cinéastes mexicain Guillermo del Toro et canadien Xavier Dolan. Au court métrage et à la Cinéfondation, c’est le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako qui préside, avec l’actrice belge Cécile de France, les réalisatrices libanaise Joana Hadjithomas et française Rebecca Zlotowski, et l’acteur polonais Daniel Olbrychski. Photo Cannes Coen

Au jury Un Certain Regard, Isabella Rossellini préside, avec l’actrice-réalisatrice libanaise Nadine Labaki, la réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour, le réalisateur grec Panos H Koutras et l’acteur français Tahar Rahim. A la Caméra d’Or, Sabine Azéma préside, avec la réalisatrice Delphine Gleize, l’acteur Melvil Poupaud, le réalisateur Yann Gonzalez, le directeur de la photographie Claude Garnier, l’industriel Didier Huck, et le critique Bernard Payen, tous français.
Photo réal israelienne

A la Semaine de la Critique, l’actrice et réalisatrice israélienne Ronit Elkabetz préside, avec la réalisatrice française Katell Quillévéré, le directeur de la photographie britannique Peter Suschitzky, la programmatrice canadienne Andréa Picard et le critique néerlandais Boyd Van Hoeij.

Le patrimoine est à la fête. Ingrid Bergman trône sur l’affiche officielle du 68e Festival, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Tout comme Orson Welles est fêté pour le même anniversaire dans la section Cannes Classics, avec des fictions et des documentaires. Sans oublier des hommages à Manoel de Oliveira, Costa-Gavras, Barbet Schroeder, et aux cent-vingt ans du Cinématographe Lumière.

Les films ? Plus d’une centaine d’œuvres à se mettre sous la dent, devant les yeux, dans la tête. Des longs-métrages surtout, de la Sélection officielle à la Semaine de la Critique, de la Quinzaine des Réalisateurs à la programmation de l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Un panel impayable sur la création du moment.

Des courts métrages, aussi, dans chaque sélection, et pour l’opération Talents Adami Cannes, déjà présente pour sa 22e édition. La Sélection officielle en présente neuf, et dix-huit dans sa section maison Cinéfondation. La Semaine de la Critique en présente dix, et la Quinzaine des Réalisateurs onze.
Photo Palme 55Cannes c’est aussi des récompenses. La Palme d’Or fête ses soixante ans en 2015. La première fût décernée à Marty de Delbert Mann en 1955, après neuf ans de remise de Grand Prix depuis 1946. La Sélection officielle réunit neuf prix principaux dans son palmarès. La Semaine six prix, la Quinzaine quatre prix. La Caméra d’Or, remise au cours du palmarès de la Sélection officielle, récompense le meilleur premier film, toutes sections confondues. Au fil des ans, une douzaine d’autres récompenses sont nées, des Prix Fipresci au Trophée Chopard, du Prix François-Chalais au Prix du jury œcuménique, de la Queer Palm à la Palme Dog. Nouveauté en 2015, le documentaire aura désormais sa récompense, toutes sections confondues : l’Œil d’Or, remis samedi 23 mai.

Photo AudiardEn lice pour la récompense suprême, la Sélection officielle accueille des « novices » en compétition, et en nombre : Valérie Donzelli, Stéphane Brizé, Guillaume Nicloux, Justin Kurtzel, Joachim Trier, Denis Villeneuve, Yorgos Lanthimos, Michel Franco et Laszlo Nemes (pour son premier film). Soient huit sur dix-neuf prétendant(e)s à la Palme. Seuls deux déjà palmés sont présents : Nanni Moretti et Gus Van Sant. Ils sont aussi les deux seuls déjà primés pour la mise en scène à Cannes. Quant à Jacques Audiard et Matteo Garrone, ils ont déjà reçu le Grand Prix du jury sur la Croisette. Photo Moretti

Agnès Varda recevra une Palme d’Or d’honneur pour sa carrière lors de la cérémonie de clôture du dimanche 24 mai. Le cinéaste chinois Jia Zhangke recevra lui le Carrosse d’Or pour sa carrière, lors de la cérémonie d’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs jeudi 14 mai.

Côté long-métrage, les femmes derrière la caméra sont présentes en sélection officielle, avec deux en compétition, deux hors compétition, et quatre à Un Certain Regard. Trois font partie de la sélection de la Quinzaine des Réalisateurs, mais aucune à la Semaine de la Critique. Heureusement, côté court, la Semaine se rattrape, tout comme chaque section de court-métrage offre des œuvres réalisées par des femmes et des hommes.
Photo DonzelliConstat, les acteurs qui passent à la réalisation continuent d’intéresser les programmateurs. Natalie Portman débarque en séance spéciale avec Une histoire d’amour et de ténèbres, et Louis Garrel avec Les deux amis à la Semaine de la Critique. Quant à Reda Kateb, son court métrage Pitchoune est annoncé à la Quinzaine des Réalisateurs. Et les actrices devenues réalisatrices confirmées sont bien présentes en Sélection officielle, avec La Tête haute d’Emmanuelle Bercot en ouverture, Marguerite & Julien de Valérie Donzelli et Mon roi de Maïwenn (avec Bercot !) en compétition. Toutes françaises.

Photo Cannes Gomez

Les représentations du monde ? S’il est de plus en plus flou de définir un film par sa bannière nationale, il peut se regarder par son ou sa cinéaste. Toujours beaucoup d’Europe. La France alimente copieusement les diverses sections. L’Italie est en force avec trois films en lice pour la Palme d’Or (Nanni Moretti, Matteo Garrone, Paolo Sorrentino). Et le Portugal fait figure d’ovni avec les trois longs-métrages de Miguel Gomes à la Quinzaine des Réalisateurs (Les 1001 nuits).

L’Asie est bien là, avec Jia Zhangke (Chine), Hou Hsiao-hsien (Taïwan) et Hirokazu Kore-Eda (Japon) en compétition, les Nippons Naomi Kawase et Kiyoshi Kurosawa, le Thaïlandais Apitchatpong Weerasethakul, le Philippin Brillante Mendoza, deux films indiens (Masaan, The Fourth direction), et l’un des deux sud-coréens (Madonna de Shin Su-won) à Un Certain Regard. Sans oublier du cinéma de genre, toujours coréen, en séance spéciale officielle (Office), à Un Certain Regard (Shameless), à la Semaine de la Critique (Coin Locker Girl), et japonais, avec le franc-tireur Takashi Miike en séance spéciale à la Quinzaine (Yakusa Apocalypse).

Le Moyen-Orient tire son épingle du jeu avec des premiers longs-métrages, israélien en séance spéciale officielle (L’Esprit de l’escalier de Elad Keidan), iranien à Un Certain Regard (Nahid de Ida Panahandeh), turc à la Quinzaine des Réalisateurs (Mustang de Deniz Gamze Ergüven), et palestinien à la Semaine de la Critique (Dégradé des frères Arab & Tarzan Nasser).

Photo Cannes CisséL’Afrique tient bon avec le maître malien Souleymane Cissé en séance spéciale officielle (Oka), le cinéaste marocain Nabil Ayouch à la Quinzaine (Much Loved), et une première, le premier film éthiopien Lamb de Yared Zeleke à Un Certain Regard. L’Océanie brille en Sélection officielle avec deux cinéastes australiens, un reconnu (George Miller et son Mad Max : Fury Road hors compétition), et un de la nouvelle génération (Justin Kurtzel et son Macbeth).

L’Amérique du Sud brille avec les Mexicains Michel Franco en compétition (Chronic) et David Pablos à Un Certain Regard (Las elegidas), les Colombiens José Luis Rugeles Garcia à Un Certain Regard (Alias Maria), Ciro Guerra à la Quinzaine (El abrazo de la serpiente) et César Augusto Acevedo à la Semaine (La Tierra y la sombra), la Chilienne Marcia Tambutti à la Quinzaine (Allende mi abuelo Allende), et l’Argentin Santiago Mitre à la Semaine (Paulina).

Côté premiers films, une vingtaine de longs-métrages sont présents toutes sections confondues. Le jury de Sabine Azéma va avoir du pain sur la planche pour choisir sa Caméra d’Or !

 

Photo semaine

Début des festivités : mercredi 13 mai.

Baisser de rideau : dimanche 24 mai.

Festival de Cannes Sélection officielle : http://www.festival-cannes.fr/

Semaine de la Critique : http://www.semainedelacritique.com/

Quinzaine des Réalisateurs : http://www.quinzaine-realisateurs.com/ 

 

Par France Hatron Photo terrasses

 

Sortie : le 6 mai 2015

A partir de 15 ans

Durée : 1h31

Un film franco-algérien

Genre : Drame

Réalisation : Merzak Allouache

Distribution : Adila Bendimerad, Nassima Belmihoub, Ahcene Benzerari, Aïssa Chouat, Mourad Khen, Myriam Ait El Hadj, Akhram Djeghim, Amal Kateb

Photo terrasses 2

 

 

Par Dominique Martinez Howard 1 

 

 

Sortie :  le 29 avril

A partir de 15 ans

Durée : 1h46 

Un documentaire français 

Réalisation :

Olivier Azam & Daniel Mermet

 

 

« Tant que les lapins n’ont pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs. Les chasseurs racontent des histoires de victoire (…) Mais l’histoire que préfèrent raconter les chasseurs, c’est pas d’histoire du tout (…) En écrivant une histoire populaire des Etats-Unis, Howard Zinn a pris le parti des lapins, le parti de ceux qui sont à l’autre bout du fusil ». Le postulat de départ de la trilogie d’Olivier Azam et Daniel Mermet donne le ton. Il s’ouvre par un premier volet passionnant intitulé Dupain et des roses, en hommage aux manifestations des ouvrières du textile de Lawrence (Massachusettes) de 1912. Le récit sera celui des perdants. Celui des esclaves, des Indiens, des déserteurs, des ouvriers, des ouvrières, des syndicalistes,… de tous ceux qui dans l’ombre de l’histoire officielle bataillent pour changer leur condition d’exploités. Lutte des classes versus impérialisme.

Howard livre 2Comme l’indique le titre, le documentaire repose autant sur la vie d’Howard Zinn que sur son œuvre d’historien et surtout son livre – Une histoire populaire des États-Unis de 1492 à nos jours (Ed. Agone, 2002). Son expérience personnelle façonne le regard qu’il porte sur l’histoire du 20ème siècle. Ce n’est pas un hasard si Zinn est né dans une famille ouvrière d’émigrés juifs d’Europe de l’Est, au début du siècle. La réalité de la grande dépression, celle du travail d’ouvrier portuaire, puis le traumatisme de la seconde guerre mondiale – notamment son rôle dans le bombardement de Royan – le marqueront profondément. La Bande Dessinée, Une histoire populaire de l’empire américain*, impressionnante par sa maîtrise visuelle et son envergure historique, mêle également ces deux histoires. Howard 3

C’est tout l’intérêt du film : au delà de la force du propos et de la rareté de nombreux documents d’archives, c’est une vision humaniste assumée qui se déploie. Les interventions de Zinn, celles du linguiste Noam Chomsky et de l’écrivain Chris Hedges, ponctuent le récit pédagogique de la voix off familière de Daniel Mermet. Et confirment l’importance de ce beau film militant qui vient combler des vides importants de l’histoire officielle américaine.

 

* Une histoire populaire de l’empire américain, de Howard Zinn et Mike Konopacki, Ed. Vertige Graphic, 2009, 263 p. 

 

 

Ils seront 7 aux côtés de Joel et Ethan Coen à départager les films en Compétition au 68e Festival de Cannes. Qui sera dans le Jury des frères réalisateurs ?

They will be 7 with Joel and Ethan Coen to select the prize winners at the 68th Festival de Cannes. Who will be in the Jury of the filmmakers brothers?

 

NINGEN AffichePar France Hatron

 

Sortie : le 2 avril 2015 

Durée : 1h44

Un film turc, japonais, français 

Genre :

Drame fantastique 

Réalisation :

Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti 

Avec :

Masahiro Yoshino, Megumi Ayukawa, Xiao Mu Lee…

 

Dans une forêt sombre, une voix off narre le conte japonais d’un pari d’argent : « Le renard et le raton laveur ». 

A Tokyo, le PDG Mr Yoshino fait faillite. Son meilleur ami Lee, patron d’un bar, le console. Ils vont voir des filles, se saoulent. Cet épisode marque le début d’une dépression profonde. De son côté, Mme Wajima ouvre une lettre à son attention, provenant du service de Cancérologie de l’hôpital de Tokyo puis la déchire. Le tourbillon de la vie ne va décidément plus dans le bon sens. Son mari dévasté est sur le point de sauter par la fenêtre quand elle le rattrape in extremis. Elle le fait interner.

Ningen - Image 2 HDYoshino s’éprend alors d’une pensionnaire, Mme Ayukawa, avec laquelle il regarde les montagnes depuis le toit de l’asile. Mme Ayukawa lui dit qu’elle veut rejoindre son bien-aimé dans « le monde du dessous ». Yoshino rencontre deux autres patientes qui écrivent un conte sur un raton laveur et un renard, une histoire qui lui rappelle la sienne. Mme Ayukawa disparaît mais elle a laissé un message sur le toit.

 

Ningen - Image 1 HD

Structuré en trois parties – L’homme riche, Le raton laveur et Le renard -, le scénario à la fois trop complexe et naïf, mêle l’histoire d’un parcours initiatique vers la mort et la résurrection, à la légende du renard et du raton laveur. D’une première partie réaliste et ponctuée d’humour qui dépeint très bien le monde de l’entreprise au Japon et la déchéance d’un couple, on passe subitement à un monde imaginaire, hermétique et emprunt d’ésotérisme. Les nombreuses références au conte philosophique perturbent le récit et nous éloignent petit à petit du personnage principal, un PDG de Tokyo, pourtant fort attachant au départ. Quand son équilibre mental, perturbé par la faillite de son entreprise, le conduit jusqu’à la luxure, Yoshino bascule dans une dépression profonde qui développe son imagination. On perd alors pied avec lui mais on s’ennuie plus que lui ! Quand l’homme abattu se retire dans la forêt pour retrouver son amour perdu, qu’il tombe et reste coincé dans le piège du raton laveur, la naïveté touche à son paroxysme !

Ningen - Image 7 HDCette histoire d’amour et de sacrifice, somme toute très morale, réclame un esprit contemplatif exacerbé que, nous européens, avons peut-être du mal à solliciter quand l’émotion fait défaut. Et c’est le cas ici. Intention louable que de vouloir montrer la dépression de l’intérieur et la faire se transformer en un voyage initiatique en quête de l’amour perdu… Mais le scénario ambitieux, la mise en scène parfaite et l’interprétation très juste ne suffisent pas à nous embarquer dans le monde merveilleux des animaux de la forêt, des temples et des grands maîtres nippons en un coup de baguette psychiatrique.

 

 

 

Par France Hatron Photo retour1

 

Sortie : le 4 mars 2015

A partir de 15 ans

Durée : 1h29 

Un film italo-cambodgien

Genre : Drame

Réalisation : Llaria Borrelli et Guido Freddi 

Distribution : Llaria Borrelli, Philippe Caroit, Setha Moniroth… 

 

Photo Retour 2Cambodge. L’expropriateur, Xavier Lagrange, fait écraser une grand-mère et sa cabane, sous les yeux de ses petits-enfants, Srey et Kiri. La femme de Xavier, Mia – une parisienne photographe – le rejoint au Cambodge et le surprend dans un bordel entre les mains d’une fillette : Srey. Son petit monde bien rangé s’effondre brusquement. Elle achète de la cocaïne pour son usage personnel et l’on devine que ce n’est pas la première fois.

Photo retour 4Le proxénète d’enfants, Sanan, qui règne en maître sur le bordel par la terreur, propose à Mia d’acheter Srey pour 5000 dollars. Mia, ne parvenant pas à rassembler la somme, accepte de se prostituer pour solder sa dette. Puis, dans une voiture volée, elle prend la fuite avec Srey. Le road movie dramatique a plus que commencé quand Mia découvre, dans le coffre, deux autres fillettes échappées du bordel : Malin et Daa. Les quatre nanas ne sont pas au bout de leur peine…

 

Photo retour5Avec ce second long métragecoréalisé avec son mari Guido Freddi – Llaria Borrelli, s’offre son premier rôle en incarnant ici le personnage principal, Mia. Le film rend compte de l’exploitation sexuelle des enfants au Cambodge et de la fréquente complicité de leurs parents. Ces enfants, plus ils sont jeunes – une fois drogués et remis aux mains des proxénètes – mieux ils sont vendus et souvent même revendus au prix fort.

 

photo retour 6Les intentions de la réalisatrice sont claires : dénoncer cette exploitation, en choyant l’image. Pari tenu pour la dénonciation de ce fléau de société et pour les indéniables qualités artistiques de ce film. Mais il souffre hélas d’un scénario mal maîtrisé et d’une lenteur qui s’installe au premier tiers du film et ne nous lâche plus. Ce qui ne facilite pas l’accès à l’émotion. L’interminable promenade en forêt ennuie à mourir et prend le pas sur l’histoire. Et puis, le mélange des genres entre le documentaire fiction dans la première demi heure et le road movie dans l’heure qui suit se fait sans finesse. Ajoutées à cela : l’interprétation de Llaria Borrelli, inégale et sans nuances, etla musique quasi omniprésente pour nous plonger dans le bain de l’angoisse ou de l’espoir. Les dialogues creux ne pimentent pas le tout, ni la voix off lancinante de Mia essayant de nous faire croire que sa conception de la vie évolue au fil de son voyage initiatique. Mais on n’y croit pas ! Ne restent de ce film que la douceur et la douleur de ces enfants « otages » et leur espoir qu’un jour leur vie change. D’ailleurs, quand elles jouent entre elles, les petites malheureuses évoquent leurs futurs maris !

 

Photo prix2014

 

PRIX CINEMA 

Meilleur film français
TIMBUKTU de Abderrahmane Sissako

Meilleur film étranger
WINTER SLEEP de Nuri Bilge Ceylan

Meilleur premier long métrage français
LES COMBATTANTS de Thomas Cailley

Meilleur premier long métrage étranger
LEÇONS D’HARMONIE de Emir Baigazin

Film singulier francophone
BIRD PEOPLE de Pascale Ferran

Meilleur court métrage français
ANIMAL SERENADE de Béryl Peillard

 

Photo prix2014-2

 

PRIX TELEVISION

Meilleure fiction 

LE CHANT DES SIRÈNES de Laurent Herbiet (diffusion France 2)

Meilleur documentaire
HÉLÈNE BERR, UNE JEUNE FILLE DANS PARIS OCCUPÉ de Jérôme Prieur
(diffusion France 2)

Meilleure série française
3 x MANON de Jean-Xavier de Lestrade (diffusion Arte)