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STAGES ETE 2014 :
Les stages font également office de stage d’intégration pour ceux qui souhaitent intégrer les cours pro du matin dès le mois de mai ou pour la rentrée de septembre 2014.
Pierre Delavène assurera un cours lors des stages des professeurs, en fonction de ses disponibilités.
Si vous souhaitez vous inscrire à l’un de ces stages, vous pouvez le faire directement en CLIQUANT ICI.
- du 11 au 15 août 2014 : Stage avec les professeurs du Cours 
Professeurs : Caroline DARNAY et Axel BLIND.
Horaires : 10h-13h puis 14h-17h (L’Auguste Théâtre, 6 impasse Lamier, Paris 11ème)
du 18 au 22 août 2014 : Stage avec Jean-Laurent COCHET 
Horaires : 11h-14h puis 15h-18h (L’Auguste Théâtre, 6 impasse Lamier, Paris 11ème).
- du 25 au 29 août 2014 : Stage avec les professeurs du Cours 
Professeurs : Olivier LEYMARIE et Caroline DARNAY.
Horaires : 10h-13h puis 14h-17h (L’Auguste Théâtre, 6 impasse Lamier, Paris 11ème)
- du 1er au 5 septembre 2014 : Stage avec Jean-Laurent COCHET 
Horaires : 11h-14h puis 15h-18h (L’Auguste Théâtre, 6 impasse Lamier, Paris 11ème)
La RENTREE des cours (matin, soirs et samedi) aura lieu la semaine du 8 septembre 2014.
Les groupes se remplissent très vite, inscrivez-vous avant la fin du mois…
Cours Jean-Laurent Cochet - Pierre Delavène

Par France Hatron

 

Durée : 2h45

 

Un film dramatique américain

Réalisation :

Richard Linklater

Avec : Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke, Lorelei Linklater

Année :  2014

Boyhood affiche 2

Richard Linklater a réalisé l’expérience inédite de tourner son film pendant 12 ans, à raison d’une semaine par an, à Austin au Texas, avec les mêmes acteurs professionnels et enfants grandissant. Il raconte une histoire que tous ont découverte au fur et à mesure du tournage, à l’exception de la monteuse Sandra Adair qui connaissait le scénario.

De l’âge de 6 ans jusqu’à son départ à la Fac, Mason est le pilier central de cette histoire universelle, triste et belle, simple et ordinaire, et pourtant unique en son genre.
Boyhood 3 portraitsLes parents de Mason sont divorcés depuis toujours, semble-t-il. Samantha, sa sœur aînée – interprétée par Lorelei, la fille de Richard Linklater – et lui, n’ont pas vu leur père depuis longtemps. Quand il refait surface, ce n’est pas pour assurer ses responsabilités mais juste pour jouir de la vie avec ses enfants, les voir sourire, les entendre lui raconter leurs joies, leurs peines, dans le détail, comme si l’absence et le temps qui passe n’avaient pas d’incidence. Il les aime mais ne peut rien leur offrir de matériel, ni de durable. Ce qu’ils ont compris, leur mère aussi. Touchés par ce père et ex mari insouciant qui ne parvient pas à grandir ni à travailler, ils s’accommodent tant bien que mal du fardeau qui malgré tout les aident à traverser les épreuves de la vie.

Boyhood mère filsLe petit blondinet grandit sous nos yeux. Ses cheveux poussent, foncent avec l’âge, redeviennent court au gré de la mode et de l’autorité d’un beau père ivrogne. Il doit s’adapter sans cesse à une nouvelle vie, une nouvelle école, jongler avec ses blessures et celles des autres, se protéger pour ne pas sombrer. Sa mère, elle, se bat pour et contre tout, toujours digne et sans révolte apparente. Elle reprend ses études, se marie, divorce, déménage, reforme un couple… Les rides font leur nid, les kilos s’installent. Ainsi va la vie, une vie presque ordinaire chroniquée à la manière d’un genre nouveau qui se situe sur le fil, quelque part entre le documentaire et la fiction. Bohhood père fils

L’atmosphère mélancolique et optimiste à la fois porte les acteurs, particulièrement Patricia Arquette, Ethan Hawke et Ellar Coltran dont le jeu force l’admiration par sa justesse et sa cohérence au fil des années.

Le cinéaste parvient à sonder habilement l’intériorité de ses personnages dans les petits moments de la vie qui devraient passer inaperçus et dont il se sert, lui, pour dérouler son histoire sans grosses ficelles scénaristiques. L’émotion, tout en retenue, nous gagne au rythme des présidents de la république et des chansons de Coldplay, Bob Dylan, Cat Power… La vie passe mais l’envie de revoir défiler le film dans sa tête, elle, ne passe pas.

Boyhood frere soeur

Boyhood a été récompensé par l’Ours d’Argent du meilleur réalisateur au Festival de Berlin 2014. 

 

 


Par France Hatron

Palerme afficheAge : à partir de 15 ans

Sortie : 2 juillet 2014

Durée : 1h34

Une comédie dramatique italienne suisse française

Réalisateur : Emma Dante

Avec : Emma Dante, Alba Rohrwacher, Elena Cotta, Renato Malfatti, Dario Cassarolo… 

 

C’est l’été à Palerme. Rosa et Clara, la quarantaine, forment un couple en bout de course. Filmées de près dans une voiture brûlante, caméra à l’épaule, elles cherchent leur route pour aller célébrer le mariage d’une amie. Nous sommes des leurs dans cet espace confiné où la conductrice Rosa (Emma Dante), à l’allure d’une Emmanuelle Devos en colère, nous donne envie d’arriver vite à destination ! Rosa a fait sa vie à la capitale et déteste Palerme dont elle est originaire. Tous ses mauvais souvenirs d’enfance remontent à la surface, à l’image de la voiture qui lui fait front dans une ruelle étroite. Palerme 1

Samira, une vieille albanaise, conduit le véhicule adverse dans lequel les membres de la famille Calafiore, caricaturés à souhait, sont entassés. Ils s’agitent et s’impatientent dans l’habitacle avant de regagner leur demeure qui surplombe la voiture. Muette et blanchâtre, cette têtue de Samira refuse de reculer, comme si elle n’était pas assez usée par la vie ! Rosa non plus ne reculera pas car elle aussi est têtue. Une situation absurde poussée à son paroxysme qui ne se débloquera pas pendant la presque totalité du film.

Palerme 3

L’exercice périlleux s’avère pourtant concluant en partie. L’interprétation des deux femmes aussi folles l’une que l’autre, prêtent à s’affronter jusqu’à la mort, comme dans une tragédie grecque, force l’admiration. Mais osons l’avancer : on eut préféré un court métrage. Allez, avec un peu d’indulgence : un moyen métrage ! Certaines séquences redondantes avec les précédentes irritent et mettent les nerfs à vif. La psychologie des personnages secondaires, creuse, ne nous sort pas de l’enfermement des protagonistes trop communicatif.

Palerme 4On l’aura compris, la réalisatrice Emma Dante, aussi écrivain et dramaturge, a appliqué fidèlement la règle des trois unités du théâtre classique. Elle s’est concentrée sur la rue où elle a vécu pendant dix ans, la Via Castellana Bandiera, nom qu’elle a d’ailleurs donné au titre original de son film. Elle porte un regard très critique sur les comportements de la caste prolétaire sicilienne que représente la famille Calafiore. Paradoxalement, elle ne juge pas ses personnages individuellement, comme si, prisonniers de leur milieu et finalement pas responsables de leur folie, ils avaient une bonne raison d’être tous devenus fous.

By Olivier Pélisson

Photo JAUJA Created in 1978, the section Un Certain Regard reached its 37th edition during the 67th Cannes Film Festival. On the evidence of this selection it stays true to its founding aims: to discover and to show singular films that renew cinematic expression, as much by their aesthetic as by their themes.

Twenty features were presented this year, providing a vast open window on our world and its state of health. Works came from the five continents, Africa (Ivory Coast), Oceania (Australia), Asia (Israel, China, India, South Korea), America (USA, Argentina) and Europe (Spain, Italia, Greece, Hungary, Austria, Norway, UK, France). So from these offerings how is the world? It seems, well somewhat sick: Humanity is the victim of constant pressures…

An Aboriginal old man strongly resists restrictive laws in Charlie’s Country by Rolf de Heer. A Korean lesbian policewoman struggles against prejudices in A Girl at My Door (Dohee-ya) by July Jung. A Chinese family goes beyond itself to cure the father in Fantasia by Wang Chao. A young Spanish couple tries to survive through the economic crisis in Hermosa Juventud by Jaime Rosales, while the young Greek brothers are dreaming of better days in Xenia by Panos H. Koutras. Photo Party girl

Meanwhile a young girl has to keep the faith against indifferent parents in Incompresa by Asia Argento and a woman growing old wants to preserve her freedom at any cost in Party Girl by Marie Amachoukeli, Claire Burger & Samuel Theis. A Norwegian couple is troubled by the husband’s cowardice in Turist by Ruben Östlund. An English guy can’t escape his Mafia family and his fatal destiny in Snow in Paradise by Andrew Hulme.

There is only one step from pressure to nightmare and horror, such as the horror carried out by men in the pictures and the words of the photographer Sebastião Salgado in The Salt of the Earth by Wim Wenders & Juliano Ribeiro Salgado.

Photo Party girl 2Or there’s the horror of a terrifying vision of the night in Lost River by Ryan Gosling and the horror of dogs revolting against humans in White God (Fehér isten) by Kornél Mundruczo. The horror of a man controlled by tyranny can be found in Run by Philippe Lacôte and the horror of men ready to do their worst to get money in Titli by Kanu Behl. Horror confronts an ordinary man in the face of the murder of his wife in Blue Room (La Chambre bleue) by Mathieu Amalric while there is the horror of the loss of a child in The Disappearance of Eleanor Rigby by Ned Benson and in Jauja by Lisandro Alonso. A daughter experiences horror of being an incestuous slave of her father and of herself in That Lovely Girl by Keren Yedaya.

Hopefully, nightmare can turn into sweetness of dream and tale, like the final and oneiric chapter of the magnificent and powerful Jauja by Lisandro Alonso, in which a father rediscovers his daughter.

And finally, love still makes the world go round such as in Family Love, Xenia and Party Girl; possible love in Bird People by Pascale Ferran and difficult love in Titli. Love in danger infuses Turist and strong love in Hermosa Juventud or The Disappearance of Eleanor Rigby. Mad love forms the fabric of That Lovely Girl, Amour fou and Blue Room. BIRD_PEOPLE photo_CaroleBethuel

The powerful dream of better days for the planet has also come, thanks to The Salt of the Earth, where Sebastião Salgado explains his and his wife’s ecological wish to rebuild the place of his youth in Brazil. After seeing the worst as a photo-reporter, he wants to give birth again to a jungle where desert has grown. And it works! There is wide hope, and a positive energy transmitted by film.

The energy of youth was also present through the seven films shot by new directors, comprising one third of Un Certain Regard, a record among this year’s Cannes selections. The titles were: Party Girl, A Girl at My Door, Lost River, Run, Snow in Paradise, The Disappearance of Eleanor Rigby and Titli. Party Girl finally received the Caméra d’Or, rewarding the best first feature of all the Cannes sections. BIRD_PEOPLE photo7_Archipel 35 Photo Party girl 3

This human adventure, cleverly and intensely made my three young filmmakers, is a tough and moving portrait of a lady who desperately wants to go on driving her life as she wants. She goes out, drinking, dancing, cheating, laughing and enjoying every single day, and at the same time receives in return the love of her four children. The jury headed by actress and director Nicole Garcia chose well, and with this accolade provided continued proof that Un Certain Regard still stays as a true place for discovery.

Affiche 3 Festival de CannesPar Olivier Pélisson

 

Le 67e Festival de Cannes pointe le bout de son nez. Il se tiendra du 14 au 25 mai sur la Croisette et réunira le traditionnel cocktail annuel. Avec la Sélection Officielle composée des films en compétition pour la Palme d’Or, Un Certain Regard, les séances hors compétition, spéciales et de minuit, les courts métrages en compétition et la Cinéfondation. Mais aussi avec Cannes Classics, le Cinéma de la plage et les Master Class (Jacques Audiard, Sophia Loren).

Et bien sûr avec les sections parallèles composées de la 46e Quinzaine des Réalisateurs, parrainée par la SRF (Société des Réalisateurs de Films), et de la 53e Semaine de la Critique, parrainée par le SFCC (Syndicat Français de la Critique de Cinéma).

Signature bleue Festival de CannesAu total, plus d’une centaine de films, plusieurs centaines de projections et des milliers de festivaliers. De quoi faire tourner la tête, ou la perdre pour certains. De quoi aussi trouver son bonheur. Car ce concentré de projections et de rencontres reste un écran unique en termes d’excitation cinéphilique et d’état des lieux sur le monde.

Une femme va présider le jury officiel, et pas des moindres : la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion. Elle est la dixième femme à assurer la présidence depuis les débuts de la manifestation en 1946 (51 hommes ont présidé), et la première réalisatrice à part entière, après huit actrices (Olivia de Havilland, Sophia Loren, Michèle Morgan, Ingrid Bergman, Jeanne Moreau, Isabelle Adjani, Liv Ullmann, Isabelle Huppert) et une écrivaine (Françoise Sagan). Elle reste aussi à ce jour la seule réalisatrice à avoir remporté la Palme d’Or (1993), tout comme la première femme à avoir décroché l’Oscar du meilleur scénario pour un de ses propres films (en 1994, Sofia Coppola l’a suivie en 2004). Les deux fois pour La Leçon de piano.

On peut signaler une présence forte des réalisatrices dans tous les jurys, avec aussi une majorité artistique féminine dans l’officiel (Campion, Carole Bouquet, Yeon Do-jeon, Sofia Coppola, Leila Hatami, Gael Garcia Bernal, Willem Dafoe, Nicolas Winding Refn, Jia Zhang-ke), avec Nicole Garcia en présidente du jury de la Caméra d’Or, Andrea Arnold en tête du Jury du Grand Prix de la Semaine de la Critique, et Rebecca Zlotowski en tête des jurys des Prix Découverte du court métrage du Révélation de la même Semaine. Pour le jury du Prix Un Certain Regard, c’est le cinéaste argentin Pablo Trapero qui mène le bal.

Dans les films présentés, les femmes sont bel et bien là, même si toujours timidement en compétition (deux pour dix-huit films), elles sont plus nombreuses à Un Certain Regard et en séances spéciales.

Côté compétition pour la récompense suprême, dix-huit films sont en lice à ce jour. L’Europe prime (neuf films), puis l’Amérique du Nord (cinq films dont trois pour le Canada). Suivent l’Afrique (un film), l’Amérique du Sud (un film) et l’Asie (un film), sans oublier la Turquie, au carrefour de l’Europe et de l’Asie (un film).

Thierry Frémaux et son équipe continuent de concocter un savant mélange d’habitués et de nouveaux venus. Ken Loach peut s’enorgueillir de concourir pour la douzième fois à la Palme (Jimmy’s Hall). Un record pour celui qui a déjà glané l’Or (Le Vent se lève) et trois Prix du Jury (Hidden Agenda, Raining Stones, La Part des anges), et qui revient toutes sections confondues pour la dix-huitième fois sur la Croisette, depuis 1970 avec Kes à la Semaine de la Critique.

C’est la septième compétition pour Jean-Luc Godard (Adieu au langage), la sixième pour Atom Egoyan (The Captive) et les frères Dardenne (Deux jours, une nuit), la cinquième pour Mike Leigh (Mr Turner), David Cronenberg (Maps to the Stars) et Nuri Bilge Ceylan (Winter Sleep), la quatrième pour Naomi Kawase (Futatsume no mado-Still the water) et Olivier Assayas (Sils Maria), la troisième pour Bertrand Bonello (Saint Laurent) et la seconde pour Andrei Zvyagintsev (Leviathan), Tommy Lee Jones (The Homesman) et Michel Hazanavicius (The Search).

Côté arrivée en compétition, cinq cinéastes sont à l’honneur avec le Mauritanien Abderrahmane Sissako (Timbuktu), l’Argentin Damian Szifron (Relatos salvajes), l’Italienne Alice Rohrwacher (Le Meraviglie), l’Américain Bennett Miller (Foxcatcher) et le Canadien Xavier Dolan (Mommy).

 

Photo seamine de la critique

Autre tendance, les acteurs et actrices qui réalisent sont très présents, qu’ils jouent ou pas dans leurs films, avec Tommy Lee Jones et Xavier Dolan en compétition, Asia Argento (Incompresa), Mathieu Amalric (La Chambre bleue) et Ryan Gosling (Lost River) à Un Certain Regard, Isild Le Besco (Les Ponts de Sarajevo) en séance spéciale hors compétition, Ronit Elkabetz (Gett) à la Quinzaine des Réalisateurs, et Mélanie Laurent (Respire) à la Semaine de la Critique.

 

On note évidemment des maîtres, des incontournables du cinéma contemporain, des Dardenne à Isao Takahata (Le Conte de la Princesse Kaguya, Quinzaine des Réalisateurs), de Cronenberg à Frederick Wiseman (National Gallery, Quinzaine des Réalisateurs), de John Boorman (Queen and Country, Quinzaine des Réalisateurs) à Godard, de Loach à Wim Wenders (The Salt of the Earth, Un Certain Regard).

Du cinéma de genre, avec notamment le western pour The Homesman de Tommy Lee Jones et The Salvation de Kristian Levring (Séance de minuit hors compétition), l’horreur pour la reprise de Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper (Séance spéciale Quinzaine des Réalisateurs), les zombies de It Follows de David Robert Mitchell et les loups-garous de When animals dream de Jonas Alexander Arnby (Semaine de la Critique), et l’étrangeté extrême de Alleluia de Fabrice du Welz (Quinzaine des Réalisateurs).

Du sang neuf avec vingt premiers longs métrages en lice pour la Caméra d’Or. Sept à Un Certain Regard, cinq à la Quinzaine des Réalisateurs et huit à la Semaine de la Critique. Sans oublier les multiples courts métrages de toutes les sections et de la Cinéfondation.

Côté jeune garde made in France, entre révélation et confirmation, on attend beaucoup de Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis (Un Certain Regard), Mange tes morts de Jean-Charles Hue et Les Combattants de Thomas Cailley (Quinzaine des Réalisateurs) et FLA de Djinn Carrénard (Semaine de la Critique). Côtés grosses pointures hexagonales en compétition, c’est l’éclectisme avec Assayas et Hazanavicius au-delà des frontières, Godard au-delà des mots et Bonello au-delà d’une icône ? Céline Sciamma et sa Bande de filles et Bruno Dumont et son P’tit quinquin devraient aussi attirer l’attention à la Quinzaine des Réalisateurs.

Photo Quinzaine

Si le Canada marque la compétition avec Cronenberg, Egoyan et Dolan, Israël fait figure de bel outsider avec Keren Yedaya à Un Certain Regard (Loin de ton absence), Asaf Korman (Next to her) et Ronit & Shlomit Elkabetz (Gett) à la Quinzaine des Réalisateurs, et Shira Geffen (Self Made) et Nadav Lapid (L’Institutrice) à la Semaine de la Critique.

 

Des paillettes ? De la star ? Vous croyez ? Of course. Forcément. Nicole Kidman ouvrira le bal glamour en Grace Kelly (Grace de Monaco d’Olivier Dahan, Ouverture hors compétition). Sophia Loren suivra en invitée d’honneur de Cannes Classics. Et qui d’autre ? Toutes sections confondues ?  Ah oui : Catherine Deneuve, Gong Li, Mads Mikkelsen, Eva Green, Juliette Binoche, Kristen Stewart, Marion Cotillard, Julianne Moore, Hilary Swank, Meryl Streep, Robert Pattinson, Annette Bening, Bérénice Bejo, Monica Bellucci, Ryan Reynolds, Steve Carell, Channing Tatum, Charlotte Gainsbourg, Jessica Chastain, James McAvoy, Isabelle Huppert, Viggo Mortensen, Eva Mendes, Ryan Gosling…

Et puis Marcello Mastroianni, le plus grand acteur du monde, brille en haut de l’affiche de cette 67e édition. Prix d’interprétation masculine à deux reprises pour Drame de la jalousie d’Ettore Scola (1970) et Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov (1987). Palme d’Or avec La Dolce Vita de Federico Fellini (1960) et scandale historique avec La Grande bouffe de Marco Ferreri (1973). Vingt-cinq films présentés en quasi quarante ans. La classe inégalée. Et la promesse d’une cuvée ludique et foisonnante.

http://www.festival-cannes.com/fr.html

Photo Palme

Par Olivier Pélisson

 

LES CHÈVRES DE MA MÈRE ***
Age : Tous publics
Sortie : 16 avril 2014

Durée : 1h40

Un film français

Genre : Documentaire
Réalisation : Sophie Audier

Les chèvres de ma mère

Les chèvres 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES TROIS SŒURS DU YUNNAN ***

Age : Tous publics
Sortie : 16 avril 2014

Durée : 2h28
Un film franco-chinois
Genre : Documentaire
Réalisation : Wang Bing

Les 3 soeurs 2

Les 3 soeurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le hasard des sorties de films allie la même semaine deux documentaires au parallélisme bienvenu. Le plateau des Gorges du Verdon sert de décor au premier, où une femme qui élève son troupeau et concocte son fromage de chèvre, seule, depuis quarante ans, se prépare à la retraite et marraine une jeune agricultrice à qui elle va transmettre bêtes et savoir-faire. Les montagnes de la province isolée du Yunnan, au Sud-ouest de la Chine, servent de décor au second, où trois petites filles et sœurs, élèvent moutons et cochons et enchaînent les tâches quotidiennes, pendant que leur père cherche du travail à la ville.

D’un côté, Sophie Audier, jeune réalisatrice française dont c’est le premier long métrage et à la riche expérience de scripte, qui lui a permis d’affiner un regard sur le monde auprès de Roman Polanski, Alain Gomis, Manoel de Oliveira, Abderrahmane Sissako, Mahamat-Saleh Haroun ou Otar Iosseliani. De l’autre, Wang Bing, cinéaste chinois aguerri et apprécié du public de cinéma d’auteur international depuis dix ans, à qui le Centre Pompidou à Paris rend hommage de mi-avril à fin mai, avec une rétrospective (A l’ouest des rails, Fengming, Le Fossé, etc.).

 

Tous deux filment une vie dépouillée, rudimentaire, tendue comme une ligne droite, au gré des exigences de chaque jour et du rythme de chaque saison. Une existence où la nature prime et régule tout, loin des contingences administratives et citadines. Un rapport au monde dominé par l’endurance, la régularité, l’adaptabilité, la rigueur, l’opiniâtreté. Une démonstration par l’image et le son qu’il est encore possible de vivre décalé des moules bureaucratiques, marchands et du vampirisme de la mondialisation.

Maguy, Yingying, Zhenzhen et Fenfen. Quatre femmes à l’opposé du chemin professionnel, l’une au seuil de la retraite, les autres à l’âge où elles devraient ne pas encore travailler. Et pourtant tout les unit. Leur lien profond et viscéral à la nature, aux éléments, à la lumière, aux saisons, qui dictent leurs faits et gestes. Leur courage et leur plénitude tranquilles, quand rien de leur quotidien ne cède à la facilité. Leur lien familial profond et pudique, avec une femme filmée par sa fille, qui a choisi de suivre une autre voie (Maguy est la mère de Sophie Audier), et trois enfants dont la mère est partie vivre ailleurs et que le père a confié aux grands-parents.

Ces récits sont simples et limpides. Maguy veut transmettre pour pouvoir partir en retraite soulagée et trouve en Anne-Sophie une jeune agricultrice réceptive. Yingying, Zhenzhen et Fenfen avancent sans réfléchir, avec pour seule exigence de manger à leur fin et de dormir en paix dans leur environnement ascétique. Sophie Audier s’est faite complice et discrète au milieu des deux bergères-agricultrices, pour saisir le nerf de leurs avancées. Wang Bing a gagné la confiance des fillettes pour les filmer et les suivre de la maison aux champs sans commentaire.

La sensation du spectateur est dense. Car ces deux récits racontent l’universel. Et l’idéal de vie. L’engagement, le désintéressement, la transmission, la bienveillance. Tout cela dans l’état naturel de plaines et montagnes belles et rudes à la fois. Ils donnent aussi à voir la coexistence de l’ancien et du nouveau, à une époque où la technologie et le zapping généralisé menacent en permanence la contemplation et l’étirement du temps. Tout cela sous l’œil de deux cinéastes qui ont pratiquement tout filmé et cadré eux-mêmes, pour protéger la conversation nécessaire entre ce qui regarde et ce qui est regardé.  les chèvres 5

Les 3 soeurs 3C’est là où le geste de filmer devient engagé et politique. Sophie Audier saisit un mode d’être en résistance, celui d’une femme fidèle à son activisme depuis quarante ans, face aux difficultés de sa cadette qui peine à recevoir les autorisations pour s’installer comme jeune agricultrice. Quant à Wang Bing, dont le cinéma n’est pas diffusé dans son propre pays, il capte une Chine individuelle à travers une histoire particulière, qui symbolise pourtant nombre de ses concitoyens, à l’ère où l’empire chinois impose sa marque et cache sa réalité humaine au monde.

 

 

Par France Hatron  Affiche Gazelle

 

Age : A partir de 10 ans 

Sortie : 26 mars

Durée : 1h52

Un film français

Auteur : Jean-François Pignon

Réalisateur : Jean-François Pignon

Avec : Jean-François Pignon et d’autres comédiens à l’identité non communiquée.

 

Jean-François a 12 ans quand son père, éleveur et dresseur de chevaux, lui offre une jument qu’il baptise Gazelle. Il vit avec son frère Cédric et ses parents dans une grande ferme perchée sur la montagne.

Jean-François apprivoise sa nouvelle amie et découvre son monde emprunt de silence et de sensibilité. Quelques années plus tard, Cédric possède lui aussi un cheval. Alors que les deux frères participent à un spectacle hippique, Jean-François se fait repérer par l’organisateur du salon du cheval d’Avignon. Il accepte sa proposition mais n’emmène pas son frère dans l’aventure ! Il propose néanmoins à une jeune admiratrice, Isabelle, de devenir sa palefrenière. Elle le suit et l’épouse.

Gazelle6Jean-François se prend d’amitié pour un vendeur de vans intriguant qui lui parle de Dieu et d’amour. Coups de poignard à répétition pour l’artiste : Cédric lui pique un contrat important et son numéro de « Cromagnon » qui l’a rendu célèbre, puis Gazelle tombe gravement malade. Son ami croyant lui propose alors de prier pour la sauver. Deux jours plus tard, elle est sur pied. Un miracle, selon le vétérinaire ! Jean-François achète la Bible et commence sa conversion. Mais ses rapports avec sa femme se dégradent. Il la retrouve une nuit dans son lit avec un ami commun et décide de divorcer. Peu de temps après, il épouse Sylvie, perdue de vue depuis longtemps, dont il aura deux filles. L’aînée se verra transmettre l’amour de cet univers hippique magique.

Gazelle 4

Le héros de ce long métrage autobiographique est aussi le scénariste, le réalisateur, le comédien et le producteur ! Tout ça pour un seul homme, ça fait beaucoup et ça fait même beaucoup trop !

Jean-François Pignon a voulu raconter son histoire émouvante, celle du petit dresseur anonyme des montagnes devenu l’un des plus grands dresseurs de chevaux au monde. Une idée louable certes, mais quand on sait déléguer. Le scénario, pas écrit, manque de cohérence, d’esprit, et tout simplement d’intérêt. On apprend par exemple que Jean-François et Isabelle se sont mariés lorsqu’ils s’apprêtent à divorcer ! On cherche désespérément un semblant de dramaturgie et quand elle pointe son nez, elle retombe aussi vite, laissant le sentiment que l’auteur n’avait pas d’intentions précises. Les dialogues d’une rare pauvreté sont redondants par rapport aux images. Ils nous plongent dans l’ennui ou nous font rire – involontairement – aux éclats. Et comme les comédiens jouent très mal, difficile de chercher un seul responsable ! Pour saupoudrer le tout : la musique règne en actrice principale.

Gazelle 3Jean-François Pignon évoque la foi, puis sa propre foi, mais dit n’appartenir à aucune religion. Difficile à croire. Quant à son désir permanent de vouloir pardonner à tout le monde, il finit par agacer. Les bons sentiments alourdissent l’histoire d’une naïveté dont elle se serait passée.

Pourtant, d’un point de vue esthétique et technique, ce film trouve toute sa place de par ses beaux travelling et un son parfait. Coup de chapeau donc aux chefs opérateurs qui ont su mettre en lumière les scènes de dressage, de promenade dans la montagne ou sur les bords de mer en Camargue.

Dépourvue d’intensité dramatique, l’histoire ne témoigne certainement pas à sa juste valeur de l’aventure humaine et spirituelle de Jean-François Pignon. Dommage !

La cour de Babel

Par Olivier Pélisson

 

Age : Tous publics
Sortie : 12 mars 2014

Durée : 1h29
Un film français
Genre : Documentaire

Réalisation :

Julie Bertuccelli

 

10e arrondissement de Paris. Un collège au milieu d’immeubles près du Canal Saint-Martin. Une classe d’accueil où sont rassemblés des élèves tous juste arrivés de leurs pays, et qu’une enseignante familiarise et perfectionne à la langue française. Ils sont vingt-quatre, et ont entre onze et quinze ans. Ils viennent de Pologne, Tunisie, Mali, Croatie, Chili, Roumanie, Maroc, Biélorussie, Guinée, Brésil, Angleterre, Irlande du Nord, Serbie, Lybie, Venezuela, Côte-d’Ivoire, Etats-Unis, Sri Lanka, Ukraine, Mauritanie et Chine.

Réunis pour une année scolaire, ils attendent d’intégrer une classe de filière classique et de trouver leur voie en France. Pendant une heure et demie, le documentaire les accompagne et suit des présentations, discussions, confrontations, confessions et moments d’émotions avec leur prof Brigitte Cervoni. Un concentré de singularités et d’altérité. Où tous écoutent l’expérience de l’autre en commençant par apprendre à dire bonjour dans sa langue.

La cour de Babel.jpg-q_x-xxyxxJulie Bertuccelli ne filme que dans le cadre de l’école. Aucune intrusion dans l’espace privé. Tous les plans sont situés à l’intérieur de l’établissement et autour du programme pédagogique, comme pour le déplacement au Festival Ciné-Clap du film scolaire de Chartres. Ce parti-pris renforce l’intensité du propos et donne tout son poids à cette cour singulière, car l’enjeu reste concentré sur ce lieu d’éducation, d’apprentissage, où l’individu se construit au milieu du collectif. Et où l’étranger est accueilli avec sa différence.

L’intime pénètre l’école avec les visages et les corps de ces êtres en transition. Des êtres qui s’expriment avec spontanéité et parfois difficulté, tant les mots sont durs à trouver ou à assumer, et qui se font traducteurs quand leurs proches viennent rencontrer l’enseignante et que la compréhension manque. Des pans d’histoires familiales surgissent alors derrière les bureaux scolaires.

Cette transition tant géographique qu’existentielle touche fortement. C’est elle qui a attiré la cinéaste. Ces préados arrivent tous d’un ailleurs plus ou moins lointain et sont confrontés à des nouveaux repères comme à l’apprentissage de la vie, eux qui sont en train de passer de l’enfance à l’âge adulte. Envie de sécurité, pour ceux qui sont menacés dans leur propre pays. Envie de liberté, pour ceux qui y sont muselés. Envie de foyer retrouvé, pour ceux qui étaient séparés de leurs proches.

La-cour-de-Babel A

La caméra capte aussi la spontanéité et les tâtonnements de cette France en devenir. Une « cour de Babel », reflet d’un monde où il faut résister et persévérer pour se faire sa place. Le niveau de français n’est pas le même chez tous, la capacité d’apprentissage et de progression non plus. Mais tous doivent réagir et bougent de leur place initiale et de leurs croyances et certitudes. Le spectateur aussi, qui apprend à connaître et à accueillir ces enfants qui sont le terreau d’un avenir proche.

Julie Bertuccelli, dont l’humanisme romanesque faisait mouche avec ses deux longs métrages de fiction Depuis qu’Otar est parti… et L’Arbre, confirme que son regard reste perçant et bienveillant. En douceur et sans pensum, elle affirme aussi via son art, et via une mise en scène au plus près des visages, que vivre ensemble est toujours possible, et que la mixité n’est que richesse.

 

Soutien inconditionnel des réalisateurs aux intermittents
Le jeudi 13 février, le MEDEF, fidèle à ses obsessions, a demandé à nouveau la suppression du régime des intermittents du spectacle, qu’il considère comme nuisible.

Le Groupe 25 images, association indépendante des réalisateurs de films de télévision, affiche son soutien entier et solidaire aux indispensables intermittents.

 

Les réalisateurs précisent au MEDEF que le déficit vérifié de 320 millions d’euros de l’assurance chômage ne représente que 1,6 % des 20 milliards de crédit d’impôt offert par l’État aux entreprises, qui sont loin de tenir leurs engagements en matière d’emploi.

Pierre Gattaz, président du Medef, a profité d’un point presse mensuel pour surenchérir qu’il refuserait toute nouvelle loi qui mettrait « du stress sur le dos des patrons ».

Le Groupe 25 images, dont les films donnent du travail à des milliers d’artistes et de techniciens de l’audiovisuel, lui répond que les exigences dictatoriales du MEDEF mettent un stress violent sur le dos des intermittents.

Les annexes 8 et 10 de l’assurance chômage ont assuré en 2013 la survie de 108.000 intermittents, sur les 160.000 recensés (environ 2/3 d’artistes pour 1/3 de techniciens).

Les réalisateurs demandent aux journaux qui relaient avec complaisance les déclarations excessives du MEDEF et de la Cour des Comptes, d’étudier les rapports récents et très objectifs des commissions culturelles de l’Assemblée Nationale et du Sénat, présidées par le député Christian Kert et la sénatrice Marie-Christine Blandin.

Ils mettent à mal les affirmations erronées et brutales de ceux qui, depuis des années, considèrent les intermittents comme des parasites ou des privilégiés et voudraient remplacer la culture par le divertissement industriel.

Le Groupe 25 images partage les propos, soutient et remercie la ministre de la Culture Aurélie Filippetti qui accuse avec courage le MEDEF de chercher des boucs émissaires et d’avoir « une attitude agressive et scandaleuse, et de vouloir tuer la culture qui représente 59 milliards d’euros de valeur ajoutée et de richesse créée dans le pays »…

Les réalisateurs rappellent au MEDEF que la majorité des artistes et des techniciens vit dans une précarité alarmante… Pourtant, ces femmes et ces hommes font la Culture, qui nourrit la paix, enrichit l’avenir, et élève le rayonnement de notre nation…

Groupe 25 Images
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